Bilan des concerts – SAYF, le Santissimo Tour à la conquête de Milan : double complet à Milan

L’explosion médiatique et la consécration auprès du grand public pour SAYF arrivent avec le Festival de Sanremo 2026, la dernière édition d’Amadeus. À partir de là, « Tu mi piaci tanto », classé deuxième, devient un tube et la popularité du jeune auteur-compositeur-interprète et rappeur génois grandit.

Mais SAYF n’est pas né à Sanremo avec une participation au Festival. Adam Sayf Viacava, auteur-compositeur-interprète et producteur italien né à Gênes le 23 mars 1999 d’un père italien et d’une mère tunisienne, avait déjà acquis à cette époque diverses expériences. En plus du rap, il étudie la trompette, un instrument que l’on retrouvera dans sa musique.

Les premières expériences arrivent avec le collectif Luvre Muzik. En 2024 il crée Genovarabe, un projet collectif qui rassemble des artistes de la scène génoise. Son premier chapitre d’enregistrement arrive en 2025 avec l’EP « If God wanted ». Dans la même période, il collabore avec Bresh, Marco Mengoni et Rkomi sur le single « Sto bene al mare ». Sa musique mélange rap et songwriting, sonorités urbaines et influences méditerranéennes, arabes et sud-américaines.

En mai 2026, après le succès du Festival, il sort son premier album, « Santissimo ». L’album est suivi d’une intense activité live : le « Santissimo Tour » l’emmène dans les principaux clubs italiens, avec toutes les dates à guichets fermés.

Après les débuts dans la banlieue de Turin et le live qui a suivi à Padoue, SAYF, avant de clôturer la tournée à Rome, arrive à Milan pour un double à guichets fermés à Alcatraz. Sur scène il expose son univers musical, qui va du rap au funk, en passant par la mélodie de Gino Paoli et une parenthèse plus intimiste et acoustique, installée au bar.

La scénographie sur scène rappelle une ruelle ligure et semble transporter le public dans les rues de Gênes d’où l’artiste est originaire, entre histoires de vie quotidienne, d’identité et de désir d’être ensemble. Le thème sous-jacent de la soirée reste cependant l’envie de faire la fête, en compagnie des nombreux amis avec lesquels l’artiste ligure a également collaboré dans l’industrie du disque et qui apportent une précieuse contribution à la soirée.

Le début est confié à une surprise : la version originale de « Il cielo in una stanza » de Gino Paoli, hommage à la grande tradition musicale génoise et prélude à un concert capable d’alterner différentes ambiances et dynamiques.

On entre ensuite dans le vif du sujet avec l’intro de « Se Diovolunte », « Occhialata Carrera » et « Sex on la Santa », tandis que le funk commence à réchauffer l’ambiance. Avec « Soltanto se », avec Promessa, « No Boutique », « Figli dei palazzi » et « Non c’è », SAYF construit un premier bloc serré, dans lequel le rap cohabite avec des ouvertures mélodiques et des rythmes qui invitent le public à bouger.

La dimension collective est un des éléments centraux du spectacle. Les collaborations deviennent partie intégrante de l’histoire musicale : pour « Fortuna » 22simba monte sur scène, « Mon frère » accueille Helmi Sa7bi, « Genovarabe » implique le collectif ligure et pour « Pachamama » Rhove arrive. Des présences qui élargissent la portée du concert et soulignent ses contaminations. Le résultat est un ensemble qui explore les différentes nuances du rap, sans se cantonner à un seul genre.

Avec « Un coup de coeur pour toi » l’ambiance devient plus intimiste et le public allume les lumières de son téléphone portable. C’est une pause émotionnelle avant la reprise avec « Buona Domenica » et « Salsa Maghreb », qui cite « Clandestino » de Manu Chao et ajoute une autre référence à la musique sans frontières. « Selfish » et « Bombs » clôturent cette première partie en gardant l’énergie élevée.

L’un des moments les plus particuliers survient lorsque la scène change de perspective. La table qui atteint la scène devient le centre d’un transfert collectif symbolique vers le bar : SAYF abandonne temporairement la dimension plus énergique et rythmée du concert pour se rapprocher du public avec une parenthèse acoustique qui recrée l’ambiance d’une soirée entre amis, entre souvenirs et chansons partagées.

« Una Can » et « Mbappé » accompagnent ce passage, tandis que « Sentirmi cose » est à peine évoqué a cappella, laissant émerger la voix sans le soutien de la production. C’est aussi l’occasion de proposer à nouveau « Il cielo in una stanza », cette fois dans la réinterprétation de SAYF : la chanson prend un sens encore plus particulier et est chantée par tout le public. Avec « Que veux-tu de moi », caractérisé par une prestation de groupe et un rythme ternaire, le segment acoustique montre une autre facette de l’artiste, moins liée à l’élan rythmique et plus attentive à la construction de l’atmosphère, même lorsqu’elle devient ludique et légère.

Les intermèdes vidéo et les nouvelles qui accompagnent la succession des chansons contribuent à donner une continuité au spectacle. Ce ne sont pas de simples pauses, mais des fragments qui nous aident à entrer dans l’univers SAYF et à maintenir le concert en équilibre entre musique et histoire.

Après « L’alba », le spectacle change encore de sujet. Le plus dur du répertoire remet le rap au centre, avec « Grâce à Dieu », « Raffaello », « Bratz », en duo avec Nerissima Serpe, et « FI$ », qui voit Tedua sur scène. La tension grandit et le concert retrouve une dimension plus directe : les bases poussent et le public s’engage dans un flux continu de paroles et de rythmes.

«Pourquoi je pleure», enrichi par le sax, introduit une nuance encore différente, tandis que «Chanelina Soubrette», avec la participation de Disme, et «Santissimo», accompagné d’un solo de guitare, confirment la volonté d’alterner les arrangements et les couleurs sonores.

La trompette, annoncée comme une présence capable d’enrichir le tissu musical, ne trouve sa place que dans le final jazzy, tandis que SAYF présente le groupe. Un coup de pinceau supplémentaire dans un concert qui fait de la contamination l’un de ses points forts.

Avec « Parlare d’amore », en compagnie de Bresh, et le tube « Tu mi piaci tanto », le set touche à sa fin, laissant place à un dernier moment de participation collective.

La deuxième date milanaise du « Santissimo Tour » renvoie l’image d’un artiste à la recherche de son propre chemin à travers différentes langues. Le rap reste le centre du projet, mais autour de lui se trouvent des suggestions funk, pop, acoustiques et des références à la tradition musicale ligure et auctoriale.

La scène caruggio, le bar improvisé et les vidéos-récits transforment le concert en quelque chose de plus qu’une simple succession de chansons : une fête construite autour d’une imagerie précise, dans laquelle SAYF tente de maintenir ensemble les dimensions urbaines et plus intimes.

Le public est également invité à cette fête urbaine, qui témoigne de son affection et d’une grande envie de participer. Dans la salle, on perçoit une grande concentration et surtout une implication : tout le monde chante, non pas pour un effet karaoké stérile, mais avec plaisir, participation et enthousiasme. Le double à guichets fermés à Alcatraz est le signe d’un public prêt à le suivre dans ce voyage.

Le défi sera désormais de donner une forme de plus en plus personnelle à un univers musical plein de références et de contaminations, en gardant intacte cette spontanéité qui, au moins lors de cette soirée milanaise, était l’une des clés de l’implication et du plaisir.

Revue de Luca Trambusti pour musicadalpalco.com (Cliquez pour lire l’article en entier).

L’ÉCHELLE

**Si Dieu le veut, introduction**
«Look Carrera»
« Sexe sur le Père Noël »
«Seulement si» feat. Promesse
«Pas de boutique»
«Enfants des palais»
«Il n’est pas là»
Exploit « Fortuna ». 22simba
«Un béguin pour toi»
Exploit «Mon frère». Helmi Sa7bi
Exploit « Genovarabe ». Génovarabe
« Pachamama » exploit. Rhove
« Bon dimanche »
«Sauce maghrébine»
« Égoïste »
« Bombes »
**Ensemble acoustique**
«Une canette»
«Mbappé»
«Feeling Like This» (extrait a cappella)
«Le ciel dans une pièce» (couverture de Gino Paoli)
« Que voulez-vous de moi »
« Aube »
« Dieu merci »
«Raphaël»
Exploit «Bratz». Serpent très noir
«FI$» exploit. Tédoua
« Pourquoi je pleure »
«Chanelina Soubrette» feat. Dismé
«Très Saint»
«Parler d’amour» feat. Bresh
« Je t’aime beaucoup »

LA VISITE

27 octobre – Rome, Alleanza Live (complet)

MARDI 27 OCTOBRE @ ATLANTICO LIVE, ROME

🎟 Billets disponibles ici

WEB ET SOCIAUX

@sayfmaet