Le aux multiples facettes Damon Albarn revient en Italie avec l’une de ses nombreuses créatures, peut-être la plus surprenante au moment de son apparition, lorsque l’un des plus grands représentants de la nouvelle pop anglaise a laissé de côté le groupe multi-platine Blur pour jouer avec les dessins animés, la musique électronique et le rap. Choix gagnant, tant d’un point de vue musical que commercial.
GORILLAZ a un public intergénérationnel, depuis les très jeunes Gen Z qui dévorent la culture comics et raffolent des alter ego fantastiques en 2D, Murdoc, Noodle et Russel à qui le groupe doit une bonne partie de son succès, jusqu’aux plus de 50 ans passionnés de rock.
Aujourd’hui, le groupe a un peu modifié son orientation et, en concert, l’aspect musical joue le rôle prédominant : sur scène, il y a 17 musiciens, et les projections vidéo des splendides dessins animés de Jamie Hewlett ne deviennent les protagonistes qu’à quelques occasions.
Celui qui est sur scène est plus un collectif musical qu’un groupe, capable de créer une musique qui contamine différentes cultures, du raga indien de « The Mountain » qui ouvre le concert, à la musique africaine, de la pop au rap, de la vague psychédélique de « Delirium » à la basse funk qui ouvre le voyage interstellaire de « Andromeda », transformant le public du festival en une immense discothèque, le tout dirigé par Albarn dans le rôle de chef d’orchestre plutôt que de musicien. À quelques reprises, il s’approche du piano ou prend la guitare, et quand il chante, il le fait avec une attitude on ne peut plus éloignée de la rock star qu’il est réellement.
On y retrouve de nombreuses citations musicales qui reviennent au cours du spectacle, ainsi que celles des dessins animés, du tournage du Livre de la Jungle dans lequel se retrouvent les personnages créés par Jamie Hewlett. « La Montagne »à la splendide citation du Grand Dictateur de Chaplin pour « Le Dictateur Heureux ».
Un rugissement du public accueille les premières notes de « 19/2000 », la vidéo et la musique voyagent à l’unisson et s’interpénétrent parfaitement, et c’est l’un des premiers moments où le public s’enthousiasme. Albarn ne se livre pas beaucoup aux attitudes de rock star, une seule fois il descend dans le public, ou demande une chorale pour le doux et délicat « The Shadowy Light » qui se termine accompagné uniquement d’une slide guitar et du public en chœur, mais il semble toujours très amusé.
Avec « Orange Country », Kara Jackson arrive et la liste des invités commence. De la puissante Pauline Black (ceux au fil des années se souviendront d’elle comme la voix de Selecter) pour le vif et électrique « Charger », à la voix soul de Michelle Ndegwa pour « Kids with Guns », du rap de Yasiin Bey pour « Stylo » au rap blues du désert de « Damascus », où le rap de Bey est rejoint par la voix d’Omar Souleyman, malheureusement uniquement en vidéo.
En fin de concert viennent les morceaux forts, de « Dirty Harry » où le show est fait par la vidéo, et la présence du rap de Bootie Brown, aux classiques dans lesquels la pop, le rap d’Albarn et les créations vidéo de Jamie Hewlett se marient parfaitement : « Feel Good Inc » et « Clint Eastwood ». Deux heures de spectacle techniquement presque parfait, capable de satisfaire des publics aux besoins différents, qui, 28 ans après l’idée initiale, parvient encore à montrer les signes d’évolutions futures probablement intéressantes : l’avenir arrive.
Avant Gorillaz, le deuxième jour du deuxième week-end du festival La Prima Estate, Wolf Alice, Nation of Language et Don West (trois exclusifs à l’Italie) et Bhadmari (jeune groupe récompensé par le concours pour avoir joué sur cette scène) se sont produits.
Une fois de plus La Prima Estate confirme sa propension à allier musique et mer, musique et vacances entre lieux et musique de qualité.
Critique de Giorgio Zito pour musicadalpalco.com (Cliquez pour lire l’article en entier)
L’ÉCHELLE
La Montagne
Le dictateur heureux trans
19-2000
Yeux en strass
La grotte de la Lune
El Mañana
Sur la colline mélancolique
Comté d’Orange (avec Kara Jackson)
Délire
Andromède
Chargeur (avec Pauline Black)
Enfants avec des armes à feu
Stylo (avec Yasiin Bey)
Damas (avec Yasiin Bey)
Sale Harry (avec Bootie Brown)
La lumière ténébreuse
Sentez-vous bien inc.
Clint Eastwood