The Hellp : Critique de l’album Riviera

Cependant Côte d’Azur a un léger éclat par rapport à L.L.les meilleurs moments de l’album marient ce nouveau vernis avec les instincts scuzzy et de roue libre qui ont rendu les premiers travaux de Hellp si convaincants. Le rauque « Revenge of the Mouse Diva » endetté par Deerhunter explose avec des tambours tonitruants et un crépitement de synthé statique ; la piste a toute l’énergie inquiétante de la collecte d’électricité avant une tempête dans le désert. « Live Forever » voyage sur une corde raide dangereusement mince entre le raté et le banger, mais parvient à se racheter grâce à des synthés ridicules ressemblant à un airhorn et à la voix douce comme du miel de Cnossen. C’est stupide, mais il est difficile de rester trop en colère contre une piste aussi extatique et si peu sérieuse. Parfois, cependant, le raffinement semble prendre le pas sur la passion. Alors que « Doppler », un morceau nostalgique avec des guitares acoustiques et des synthés langoureux, contient certaines des paroles les plus douces-amères du Hellp sur le passage du temps, il est si sourd et discret qu’on craint qu’il puisse endormir quelqu’un au volant.

Même comme Côte d’Azur marque une définition plus claire de la propre vision du Hellp, les références ne manquent pas ici. « Country Road » interpole notamment « Take Me Home, Country Roads » de John Denver, tandis que « Revenge of the Mouse Diva » tire son titre d’un essai sur la peintre américaine Karen Kilimnik. Même les traits ressemblent à des clins d’œil tropey et évocateurs à divers personnages californiens : Cnossen incarne une Valley Girl froidement distante sur plusieurs morceaux, et l’artiste visuelle Sophia Álvarez est sollicitée pour « New Wave America », où elle dessine quelque chose d’un air traînant. Côte d’Azur manifeste, un hymne au paysage infini, avec sur grand écran la sensualité à la Monica Bellucci : « Sous la colline/Sur le nuage/Riviera/Rivera sound. »

Cela fait écho au sentiment d’optimisme secret éveillé par de vastes paysages mélancoliques qui parcourent tout le disque. Dans une récente interview, Dillon a raconté un souvenir d’enfance où il s’imaginait trouver, juste au sommet d’une colline dans sa ville natale, la vision d’une magnifique oasis qui lui permettrait de « s’éloigner de tout cela ». En réalité, il y avait probablement encore plus de terres arides, mais ce qui importait le plus était de laisser cette possibilité rester un mystère, une source d’espoir. « Meridian », un autre titre remarquable, reflète peut-être le mieux ce sentiment. La chanson commence avec la voix étouffée de Dillon, croquante comme si elle était parlée depuis un téléphone public à des kilomètres de là, avant de s’ouvrir sur un refrain pop-rock étonnamment sérieux et sucré : « Est-ce que ça ressemble à/Tu es l’acte solo/Parce que c’est mon cœur/Tu es le seul.’ Les routes ne mènent peut-être nulle part, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a nulle part où aller.