Une maison remplie de porcelaine craquelée, un piano qui grince, une voix sinistre qui grogne : « Qu’est-ce que tu fous ici ? Lucy Liyou a comparé son nouvel album à une « maison d’horreur » et l’artiste sonore avant-gardiste a clairement fait ses devoirs. Monsieur Cobra s’ouvre comme un escalier sombre et recouvert de toiles d’araignées menant à un espace vaste et inquiétant, composé de flûte et de piano frénétiques, de craquements et de cris effrayants (sans parler d’un monologue de salope apparemment communiqué via Google Translate). Monsieur Cobra échappe à la plupart des classifications, mêlant free jazz, musique concrète, pop des années 2000, house, techno industrielle et air horns, entrelacés de dialogues extraits d’opéras folkloriques coréens et de films expérimentaux. Le mélange d’influences sur mesure se prête au matériel personnel du disque : Liyou a adapté Monsieur Cobradit-elle, à partir d’une performance artistique qu’elle a écrite sur « une époque au lycée où je suis tombée amoureuse d’un prédateur ».
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Yaya Bey : Fidélité [Drink Sum Wtr]
Après Faites-le avec peurun album qui explorait le chagrin de la chanteuse basée à Brooklyn après la mort de son père, Yaya Bey se demandait : « Quelle partie de cette douleur est spécifiquement noire ? Sur Fidélitéelle réfléchit au déplacement des communautés noires de son New York natal, à la nature compliquée des relations – familiales, romantiques et platoniques – et à la joie profonde qui nous est promise alors que nous traversons tout cela. Sa voix retentissante se fond dans les intérieurs crépitants du R&B, du reggae et des clubs de Jersey. Lorsqu’elle chante sur « Egyptian Musk », on a l’impression que « Le monde est si froid, mais bébé, il fait chaud ici ».
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