Ed O’Brien : Critique de l’album Blue Morpho

Pour un groupe qui n’a pas sorti de nouvelle musique depuis 10 ans, Radiohead n’a jamais vraiment disparu. Pendant une grande partie de la dernière décennie, Thom Yorke et Jonny Greenwood ont maintenu une présence constante dans nos flux avec leur myriade de projets parascolaires ; Colin Greenwood est devenu Bad Seed honoraire ; et Philip Selway s’est occupé avec des albums solo et des activités annexes. Pendant tout ce temps, OK Ordinateur est exploité à nu pour le fourrage de TikTok et le groupe fait la une des journaux pour des raisons à la fois importantes et controversées. Mais même si ses camarades du groupe apparaissent partout, des listes de nominations aux Oscars aux albums solo de Flea, Ed O’Brien a été à la hauteur de sa réputation d’énigme résidente de Radiohead. Il est le membre le plus engagé politiquement mais aussi le plus reclus du groupe, friand de déclarations pointues sur les réseaux sociaux tout en évitant largement les feux de la rampe depuis la sortie de son premier album, Terresous le nom d’EOB au printemps 2020.

La promotion de ce disque a été entravée par la pandémie, mais même une fois qu’il est devenu plus sûr d’être parmi le public, O’Brien n’était pas d’humeur à y faire face. «Je suis entré dans une profonde dépression», a-t-il récemment déclaré Pierre roulantealors qu’il a passé une grande partie de 2021 aux prises avec ce qu’il appelle désormais une « crise de la quarantaine ». Alors que le monde commençait à tourner à nouveau, le groupe qui avait régi sa vie pendant plus de 30 ans restait dans une impasse incertaine, et pour la première fois de sa carrière, il regardait vers un avenir sans voie claire. Mais dans ce moment de stase et de doute, O’Brien a semé les graines d’un travail bien plus confiant et cohérent que son méli-mélo de débuts.

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Comme son prédécesseur, le deuxième album d’O’Brien (et le premier sous son nom complet), Morpho bleurappelle son séjour au Brésil au début des années 2010. Il doit son nom à une espèce rare de papillon qu’il a repérée lors de ses voyages dans le pays. Mais où Terre rythmes brésiliens importés pour arbitrer ses changements de pendule sauvages entre rave et rêverie, immersif Morpho bleu L’ouverture « Incantations » sonne comme si elle était née au milieu d’une forêt tropicale, ses lignes de guitare acoustique rosées et ses mélodies méditatives indiquent qu’un artiste trouve refuge dans les rythmes subliminaux de la nature. Au cours des près de huit minutes de la chanson, « Incantations » s’intensifie en un spectacle rituel de percussions frénétiques à la main et d’harmonies étranges avant de se transformer soudainement en un rock-out motorisé tendu, comme s’il traçait le propre voyage d’O’Brien du brouillard de la dépression à l’agitation du monde éveillé.

Alors que Morpho bleu Ayant pris forme loin des jungles d’Amérique du Sud, O’Brien a trouvé une inspiration tout aussi évocatrice dans les flancs brumeux des montagnes du Pays de Galles, où il a passé ses journées post-confinement à se lancer dans de longues promenades réparatrices pour se vider la tête. Un esprit errant similaire imprègne Morpho bleu: Où Terre sonnait souvent comme le genre d’album que Radiohead aurait pu faire aprèsCoudes s’ils avaient sauté dans le train du rocktronica de la fin des années 90, Morpho bleu s’aventure plus loin de la tradition britannique du rock alternatif. O’Brien est moins un leader typique qu’un auteur omniprésent qui, s’il n’est pas tout à fait disposé à disparaître complètement, maintient une présence beaucoup plus sombre dans son monde sonore changeant.