Aussi digne que soit la production de Dinosaur Jr. depuis leur reformation au milieu des années 2000, le travail du groupe est teinté de conscience de soi. Là où leurs trois premiers LP cachaient les talents héroïques du groupe derrière des structures de chansons délabrées et une production négligée, les albums post-comeback comme celui de 2009 Ferme et 2012 Je parie sur Sky boutonné un peu la flanelle, reflétant le son plus propre et plus épuré de leur production des années 90, qui était principalement le travail de J Mascis. En domestiqué le feedback de guitare induit par Big Muff et en s’appuyant sur des chansons plus longues et des touches occasionnelles de prog, ils ont prouvé qu’un véritable trio de rock classique s’était caché sous la surface depuis le début. Mais ce vernis a parfois cédé la place à l’absence de but excessivement décalée qui a marqué les années 1997. Remettez-le avant que Mascis ne mette Dinosaur Jr. en pause. Leur dernier album, celui de 2021 Balayez-le dans l’espacea maintenu le niveau élevé du groupe pour un rock alternatif toujours accrocheur, mais ses tentatives soignées de psychédélisme assisté par Kurt Vile s’éloignaient parfois un peu trop du noyau de désordre fainéant du groupe.
Sur Là prèsDinosaur corrige le cap en se débarrassant de tout le sérieux qu’ils ont accumulé au cours des deux dernières décennies et en se vautrant joyeusement dans la boue de leurs années de formation. Enregistré avec le même amplificateur vintage que celui utilisé sur leur premier album fait maison, le nouveau matériel est la musique la plus désordonnée et la plus époustouflante qu’ils aient faite de ce côté du millénaire. Ce n’est pas aussi sale que, disons, Boguemais sa simplicité rappelle l’époque antérieure, privilégiant la mélodie pop et l’expression immédiate de soi plutôt que la grandeur. Les disques les plus appréciés de Dinosaur Jr. intensifient le contraste entre l’attitude vocale penaude de Mascis et la transparence brute du jeu du groupe, et ces deux éléments sont ici de nouveau synchronisés de manière optimale.
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La combinaison est particulièrement dévastatrice sur le pont de « No Friends », où les aveux gémissants de solitude de Mascis se déroulent aux côtés d’un lead de guitare ascendant qui sonne comme s’il sanglotait de douleur. Son solo est particulièrement créatif ici (et tout au long de l’album), sortant de sa zone de confort pour sauter haut sur le cou et sacrifier la bizarrerie pour l’émotion. C’est moins une station de démonstration Guitar Center qu’un sous-sol à moitié aménagé. Les progressions d’accords inspirées de Neil Young, signature de Dinosaur, semblent encore plus mélancoliques que d’habitude, grâce aux lignes de basse descendantes sur des morceaux comme « Everything at Once » et « Read the Room ». Ce dernier est accentué par un effet de bride de bon goût, rappelant l’affinité de Mascis pour la Cure.
« No One’s Ready » est le plus fort des Là prèssont deux contributions obligatoires de Lou Barlow, et c’est peut-être la chanson la plus conforme à l’éthos atavique du disque. Soutenu par une section rythmique traînante et des accords tintants, cela ressemble à un dinosaure de réalité alternative qui a explosé avant d’être Jr., continuant dans la direction frite à l’acide de « Severed Lips ». « Blowin’ Up » n’est ici qu’un quasi-échec : son refrain à double piste est surmené, et certaines lignes (« Il n’y a rien d’aussi mauvais qu’un seigneur de bord qui s’ennuie ») rappellent la tendance de Sebadoh à être douloureusement sur le nez. Heureusement, il est renfloué par sa piste d’accompagnement, qui est agrémentée d’étranges poussées de marteaux statiques et funky.