Avec Bass Persuades, Miley ouvre une nouvelle phase artistique en abandonnant le patronyme Cyrus. Entre pop électronique, dance et références aux années 80,
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Miley n’est plus Cyrus. C’est la première déclaration de Bass Persuades, le dixième album studio signé de son seul prénom et accompagné d’une nouvelle identité visuelle construite avec Mert Alas et Alastair McKimm.
Le patronyme qui pendant vingt ans représenta à la fois héritage et charge disparaît du générique. Rester juste Miley est un choix identitaire précis : laisser de côté ce qui précède pour tenter de redéfinir ce qui vient après.
Au centre de l’album se trouve l’amour, décrit par l’artiste comme quelque chose de complexe, de mobile, impossible à réduire à une seule dimension. Un chemin qui poursuit celui entrepris dans les trois derniers albums et qui semble ici trouver une forme plus apaisée, se mêlant à la transformation du rapport à elle-même. Changer de regard sur son corps et son identité, c’est aussi changer sa manière d’être en couple.
Le titre Bass Persuades déplace cependant la discussion de la confession vers la physicalité. La basse persuade parce qu’elle arrive avant la pensée, elle émeut le corps avant même que l’esprit n’ait le temps de l’interpréter. C’est une idée intéressante, surtout parce qu’elle suggère une pop moins cérébrale et plus instinctive, construite pour être écoutée mais aussi parcourue physiquement.
Le problème est que le concept apparaît plus défini que la musique qui devrait l’incarner. Miley dit qu’elle a établi la tracklist et la direction sonore avant même d’écrire les chansons, laissant ensuite chaque chanson trouver sa propre forme. Une conception presque organique de l’écriture, dans laquelle la pièce devient une petite entité capable d’indiquer à elle seule ce dont elle a besoin.
Lorsque le disque suit cette logique, il fonctionne. Marions-nous et orbitons ils en constituent le noyau le plus convaincant, précisément par soustraction. Ce sont des pièces intimes qui évitent de charger le sentiment d’emphase et trouvent une certaine élégance dans la mesure.
Du côté plus physique, La basse persuade est le manifeste le plus immédiat : synth-pop inspirée des années 80, pulsation claire, invitation explicite à quitter les écrans pour revenir au corps. Religion différente au lieu de cela, cela ouvre une fissure intéressante grâce à la présence des New-Yorkais Modèle/Actricequi insèrent une urgence presque sans vague dans le tissu pop. Manières innocentes il se tourne plutôt vers la saison électro-pop du premier Lady Gaga, celle de The Fame, retrouvant sa synthèse et son éclat sans toujours parvenir à les transformer en une signature véritablement personnelle.
FEUX ROUGES ça oscille entre la danse et le rétro, mais le banjo finit par alourdir la chanson plus qu’il ne parvient à la caractériser. Encore plus irrésolu Enseignes au néonavec Andrew Wyatt par Miike Snow : gémissements délibérément exagérés et pop très léger s’alternent sans trouver de véritable point de friction, encore moins de synthèse.
C’est là que Bass Persuades montre ses limites. Miley tente de se débarrasser d’un nom de famille devenu désormais un signe encombrant pour se construire une identité plus essentielle, physique et adulte. Mais la libération nominale ne coïncide pas automatiquement avec une nouvelle grammaire musicale. L’album a une idée claire de ce qu’il veut être, moins de comment le devenir.
Le nouveau nom signale une intention. La musique, pour l’instant, ne le confirme pas totalement.
À ÉCOUTER MAINTENANT
Different Religion (feat. Model/Actriz) – Marions-nous – Orbit
À SAUTER IMMÉDIATEMENT
Un auditeur s’emporte bien
NOTE : 6,50
LISTE DES TRACES
La basse persuade
Religion différente (feat. Model/Actriz)
Marions-nous
Orbite
Conséquences
FEUX ROUGES
Neon Signs (feat. Andrew Wyatt de Miike Snow)
Manières innocentes
Neige
La basse persuade Remixx