Bruno Mars : Revue du titre « I Just Might »

Il y a un Oignon blague des années 90 qui me fait encore rire quand je pense au titre : « National Funk Congress Deadlocked on Get Up/Get Down Issue », dans lequel le leader de la majorité James Brown et le leader de la minorité Bootsy Collins tentent de régler le problème une fois pour toutes. À l’époque, le rap de la côte ouest produisait du G-funk et Jamiroquai dominait les charts britanniques. De nos jours, l’appel au dancefloor ne vient pas des protégés du funk, mais des reines de la pop au sommet des chevaux disco et des pyramides de la lingerie, jusqu’à ce qu’elles doivent inévitablement céder la parole à Bruno Mars.

Sur « I Just Might », le premier single de son premier nouvel album solo en une décennie, il vote : « Tu dois descendre ». Pour Mars, il s’agit moins de la direction que de l’impulsion elle-même : « Ça me briserait le cœur/Si je découvre que tu ne peux pas bouger. » Après un décompte hors micro, il prend sur lui de faire bouger les masses avec des applaudissements rétro, des trompettes croustillantes et une ligne de basse joyeuse qui se mélange entre des tambours décontractés. Bien sûr, Mars, un participant de longue date du camp de l’âme, ajoute deux crochets muets pour faire bonne mesure : le premier, une mélodie « doot-doot » qui descend la gamme comme si elle tournoyait dans un escalier en colimaçon ; le second, une prestation passionnée de trois notes de « oh » qui n’est pas sans rappeler ceux du hit « Move Your Feet » de Junior Senior. Bien que la ceinture de Mars passe parfois pour le chant d’Anderson .Paak – flirtant et débordant d’un large sourire à pleines dents – comme un tatouage fané de l’époque de Silk Sonic, il offre le type de boogie en tête des charts qui est typiquement lui. Il vous attirera sur la piste de danse du mariage, que cela vous plaise ou non.