COSMO : « La Source », c’est s’interroger sur l’origine, sur un point où passé et futur s’entremêlent

Cosmo rouvre le flux de l’énergie créatrice et le fait en retournant à l’origine, mais sans se livrer à la rhétorique du passé. Le fruit de cette recherche est « La Fonte », le nouvel album qui sortira le 17 avril.

Onze titres qui démontent l’esthétique plus immédiate du clubbing pour distiller une présence plus karstique, moins déclarée mais toujours palpitante.

Cosmos évitez toute tentation d’autosatisfaction et travaillez par couches, en laissant l’intuition guider le processus plus que les codes. L’écriture s’entremêle avec l’autotune et la matière sonore sans hiérarchies évidentes, dans un équilibre qui ne recherche pas la synthèse mais accepte la coexistence des contraires.

Cosmo Ph. Matteo Strocchia (2026-pp-04)

A côté de lui Alessio Nataliziadésormais figure centrale de son lexique sonore. Le partenariat, déjà noué avec Sur les ailes du cheval blanctrouve ici une nouvelle maturité : moins de tension vers l’extérieur, plus d’immersion dans les détails, dans les microvariations, dans les fissures.

Les célibataires SALUT Et Enchantement ils avaient déjà suggéré une trajectoire, mais c’est dans son ensemble que l’album révèle sa nature. Pas un retour nostalgique, mais plutôt une reconnaissance intérieure, presque archéologique. Dix ans plus tard La dernière fêtemorceau qui avait consacré sa consécration, Cosmo choisit de ne pas répondre mais de désamorcer.

LE RECORD PISTE PAR PISTE

Cosmo_LaFonte_Cover-2026.

Retourner à la source
Titre d’ouverture et premier noyau créatif de l’album, il est né d’une intuition immédiate puis développée à travers un travail sur le son et la voix. Le recours à l’autotune, mis ici au premier plan comme un choix expressif, devient partie intégrante du langage, signe d’un présent qui entre sans filtres dans l’écriture. Le texte, s’il est isolé de la musique, prend la forme d’un poème : une ouverture qui introduit le sens même du disque. Revenir à la source, c’est s’interroger sur l’origine, ce point où passé et futur s’entremêlent. Un mouvement circulaire, presque un mantra, qui accompagne l’entrée dans l’univers de l’album.

SALUT
Ciao parle d’accepter la douleur comme le seul moyen de la surmonter. La chanson est née lors de la première séance de travail en studio, à partir d’une intuition sonore qui ouvre immédiatement un nouveau territoire. En jouant avec les accords, une imagerie pop italienne des années 80 émerge, qui oriente le son vers une dimension plus reconnaissable et définie. C’est précisément dans cette phase que se dessine la direction de l’album : un tournant dans lequel le projet commence à émerger avec plus de clarté.

Totem et tabou
Partant d’une idée embryonnaire liée à des sonorités plus urbaines, elle prend forme à travers un processus de réécriture, de soustraction et de nettoyage. Le son est progressivement réduit à l’essentiel, jusqu’à une structure construite sur la guitare, la batterie et la voix. L’écriture suit également ce mouvement, devenant plus exposée et sensuelle.

Chaque jour/chaque nuit
La chanson est issue d’une série de boucles au parfum baléare, suspendues et lumineuses, qui rappellent les années 90 imaginaires. Le travail se poursuit en extérieur, sous le ciel, et de là prend forme une première version encore fluide et instinctive, ramenée ensuite à une structure pop. Chaque jour/chaque nuit est dédié à la musique comme présence constante, capable de traverser la douleur et le changement. Plus qu’un élément de rêve, le rêve devient un point d’origine : l’idée que l’on naît avec des visions qui se perdent souvent à mesure qu’on grandit. La chanson évolue sur cette tension, entre imaginaire et réalité, avec l’urgence de ne pas perdre cet élan initial.

La fin
C’est l’un des moments les plus explicitement politiques de l’album, mais sans slogan. Au centre se trouve l’idée de transformer le désespoir en possibilité : même lorsque tout semble s’effondrer, rien n’est définitif. L’histoire n’est pas un chemin préétabli, mais un terrain de transformation et de conflit. La chanson fonctionne sur des synthétiseurs amenés à une dimension douce et sur une batterie acoustique déformée qui altère la perception de l’espace sonore. L’Autotune est également utilisé de manière auteur-compositeur-interprète et élégante, comme un choix expressif intégré à l’écriture.

Te parler
Te parler vient d’un tour de guitare et bouge sur une urgence primaire presque physique, celle d’entrer en contact avec quelqu’un, ne serait-ce que pour percevoir sa présence. La pièce reste volontairement inachevée et suspendue, comme si son sens résidait précisément dans ce qui n’est pas dit. À mi-parcours, il s’ouvre sur une valse, changeant de tempo et déplaçant l’axe émotionnel vers une dimension plus intime. C’est la chanson la plus romantique de l’album.

Pour un ami
L’album s’ouvre ici à une dimension plus accueillante de l’affectivité. Il n’y a pas de tension romantique mais de reconnaissance : la relation au féminin devient un espace d’équilibre et de découverte, et non une dynamique de possession ou de désir. La chanson grandit de manière organique, presque naturelle, jusqu’à atteindre une forme lumineuse, qui reflète la profondeur émotionnelle de l’album.

Pour mon frère
Il s’agit d’un retour encore plus profond aux origines des obligations. L’enfance apparaît comme une archive émotionnelle jamais complètement fermée, qui continue de refaire surface dans le présent. La structure s’ouvre sur des moments plus orchestraux, jusqu’à un final dans lequel le saxophone devient une voix supplémentaire, presque un souvenir qui remonte à la surface.

Enchantement
Incanto se développe plus comme un espace à traverser que comme une forme définie : un temps qui s’agrandit, perd sa cohérence et laisse émerger une perception suspendue, dans laquelle les corps bougent, les identités se confondent et tout semble se transformer. Au centre demeure un besoin essentiel : ne pas se perdre alors que tout change. Cherchez-vous, trouvez-vous, reconnaissez-vous ne serait-ce que pour un instant. C’est exactement là que naît l’enchantement. Le sentiment de suspension est également amplifié par l’utilisation de l’autotune, utilisé non pas comme une simple correction mais comme un outil d’expression, un effet aliénant qui enveloppe la chanson dans une sorte de brouillard sensoriel.

Venez voir
C’est le moment le plus suspendu de l’album, dans lequel la dimension sonore se rapproche d’une forme presque rituelle. La chanson évolue sur une imagerie qui entremêle des suggestions du rythme italien des années 60, des ouvertures gospel et des dérives plus hypnotiques et chorales, créant une sensation d’appel collectif plutôt que de chanson. L’idée de la source devient ici un geste partagé.

La fleur s’épanouit
L’album se termine avec Sboccia il fiore, qui rassemble tout le voyage et le traduit en un mouvement continu, comme une floraison qui ne parvient jamais à se stabiliser complètement. La fête, ici, est une image résiduelle : quelque chose qui n’explose pas mais s’étend, soutenue par des motifs house et des vocalismes qui déforment sa perception. Et au tout dernier moment une ouverture s’ouvre. Le son ne s’arrête pas, mais reste en suspension, destiné à réapparaître comme le début du prochain projet. Comme si chaque fin n’était que le point où tout recommence à bouger.

LA TOURNÉE DE CONCERTS DE LA MATINÉE D’ÉTÉ

Après des années d’expérimentations live qui ont redéfini la relation entre la musique, l’espace et le public – des tramways Cosmotrain et Cosmotronic aux concerts de fête de plus de huit heures, du Forum de Milan à la grande Feste dell’Amore – Cosmo annonce de nouveaux événements live, toujours dans un nouveau format : les concerts en matinée. Une tournée estivale, produite par DNA concerts, conçue pour les heures du matin, qui transforme le concert en un véritable voyage sonore du réveil au début de la journée. Un spectacle live différent du spectacle classique du soir, capable d’ouvrir de nouvelles possibilités d’écoute et de partage.

A partir du dimanche 24 mai, à partir de la vingtième édition spéciale du mi ami FESTIVAL de Milan – dont Cosmo a été à plusieurs reprises le protagoniste au fil des années – la tournée se poursuivra le 2 juin au Decibel Presents à Florence, le 5 juillet au festival acieloaperto de Cesenatico (FC), le 12 juillet au Forte di Bard dans la province d’Aoste, le 12 août au Color Fest de Lamezia Terme (CZ) et le 15 août au Festival Locus d’Ostuni (BR) qui sera inauguré.

24.05.26 – Milan @ mi ami FESTIVAL
02.06.26 – Florence @ Decibel Présente
05.07.26 – Cesenatico (FC) @ festival acieloaperto
12.07.26 – Bard (AO) @ Forte di Bard
12.08.26 – Lamezia Terme (CZ) @ Color Fest
15.08.26 – Ostuni (BR) @ Festival Locus

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