Critique: PAKY – « Gloria » –

La couverture de « Gloria«  cela ressemble à Armageddon : la tour Telecom de Rozzano se dresse comme un obélisque contemporain tandis que Paky tombe en chute libre, coincé entre deux réalités qui s’entrechoquent dans une société dystopique bouleversée.

Une image qui n’embellit pas, mais préfigure le nœud thématique de l’album : un saut dans le vide.

Trois ans plus tard »Sauveur »Paky revient avec un disque qui abandonne la rhétorique de l’ascension et se concentre sur l’attrition.

L’évolution est tangible : Vincenzo Mattera apparaît plus structuré, moins instinctif, plus attentif à la choralité et aux fractures de son écosystème. Si les débuts étaient un journal personnel, « Gloire » tenter de dresser une carte collective : la route comme théâtre de contradictions, de désirs intermittents, de blessures qui ne cicatrisent pas et d’une épopée minimale qui n’a pas besoin d’être romancée.

Les quinze titres s’ouvrent sur la chanson titre, une affirmation accompagnée d’une chanson lyrique et ouvrent une mosaïque cohérente, où la « vraie vie » n’est pas un slogan, mais un principe organisateur.

Les collaborations : Baby Gang, Clara, Franco126, Guè, Kid Yugi, Rose Villain, Sfera Ebbasta, Shiva, Simba La Rue, Tedua, ne fonctionnent pas comme des pions pour optimiser les algorithmes, mais comme des greffes narratives qui élargissent la portée émotionnelle du projet. Chacun apporte un registre différent, mais l’album conserve une physionomie reconnaissable : un son qui absorbe la trap, le pop-rap, les inflexions méditerranéennes et les dérives plus sombres sans perdre son centre de gravité.

« Gloire » ce n’est pas un album d’autocélébration, ni même un manifeste de la vague milanaise : c’est une tentative de parler de l’écart entre ce que vous promettez à votre communauté et ce que vous parvenez réellement à rendre. En ce sens, Paky signe une œuvre qui se nourrit de tension plutôt que de confort, et qui trouve sa force justement dans son clair-obscur et son monde à l’envers.

Paky ne prétend pas être un « mauvais exemple », et peut-être que ce n’est pas le cas et «Gloire » il raconte précisément ce chemin, vers une nouvelle rédemption.

NOTE : 6,75

À ÉCOUTER MAINTENANT

Gloria – L’argent parle – Lames

À SAUTER IMMÉDIATEMENT

Voyage de 41 minutes dans l’obscurité !

LISTE DES TRACES

GLOIRE
MAUVAIS EXEMPLE
GANGSTA SHIT (feat. Simba La Rue)
6 LITRES
HD
ANCORA TRA (feat. Baby Gang & Shiva)
MONEY TALKS (feat. Kid Yugi)
FLUX DE CONSCIENCE
TARDI (feat. Sfera Ebbasta)
À L’INTÉRIEUR DU MAGASIN (feat. Rose Villain)
LAME (feat. Clara & Tedua)
DIEU N’EST PAS LÀ
OS ET VIANDE (feat. Franco126 & Guè)
1 HEURE D’AIR
UN AUTRE ENFER