TOM-SMITH-Il-n’y-a-rien-dans-le-noir-qui-n’est-là-dans-la-lumière-album-2025
Il y a un moment précis dans la carrière de chaque leader où il ressent l’urgence physiologique de se dévoiler, d’effacer son alter ego pour montrer l’essence de son être.
Tom Smith, voix et colonne vertébrale de la rédaction, a mis vingt ans pour parvenir à cette dépossession. « There Is Nothing In The Dark That Is There In The Light » est le résultat de ce processus, ses débuts en solo.
Un disque qui n’est pas un énième exercice de style « guitare et voix » mais un acte d’honnêteté brutale, un disque qui refuse la protection du mur sonore du groupe pour embrasser une délicate vulnérabilité et une fragilité peut-être générées par l’inévitable crise de la quarantaine.
Loin des géométries post-punk et gothiques des Editors et aidé par la production de Iain Archer, Smith entre dans une dimension à la trame sonore folk et lo-fi.
Le système audio est construit pour valoriser ce baryton qui a fait office de bouclier pendant deux décennies et ici, enfin, on le laisse vibrer sans filtres.
L’ouverture avec Plongée profonde c’est programmatique : le titre de l’album est une phrase tirée de cette chanson, un mantra qui tente d’exorciser la peur ancestrale du noir en la rationalisant. Musicalement, nous sommes du côté d’un Nick Drake moins énigmatique, passant par des ouvertures cinématographiques et un arrière-goût d’optimisme et d’espoir effronté.
Des pièces comme Lumières de New York avec cette trompette fantomatique qui domine et le piano qui l’entoure et Ligne Nord ils font preuve d’un classicisme délicieux qui offre de la magie tout en se terminant par Samedi c’est le sommet émotionnel de l’œuvre : un adieu doux-amer, un instantané d’intimité éphémère.
« There Is Nothing In The Dark That Is There In The Light » est un disque nécessaire, en particulier pour Smith. Pour nous qui écoutons, c’est la confirmation que même les chevaliers noirs du post-punk ont finalement besoin d’allumer la lumière.
NOTE : 7,50
À ÉCOUTER MAINTENANT
Lumières de New York – Départ – samedi
À SAUTER IMMÉDIATEMENT
39 minutes de calme, de tranquillité et d’introspection à savourer lentement !
LISTE DES TRACES
Plongée profonde
Combien de fois
Les fins me brisent le cœur
La vie est pour vivre
Temps cassé
Lumières de la ville de New York
Âmes
Ligne Nord
Partir
Samedi
LA DISCOGRAPHIE
2025 – Il n’y a rien dans le noir qui n’existe dans la lumière