Dans le projet Daphni de Dan Snaith, le goût dépasse généralement le récit. Ce sont les boucles décalées qui parlent le plus ; une piste ne peut « concerner » rien d’autre que ce qu’elle fait à une pièce. C’est de la musique que Snaith fait principalement pour jouer dans ses DJ sets, avec des morceaux « plus lents et plus étranges » réservés au bon club. Cette approche a atteint son paroxysme lors de son dernier album, Cerise. Chaque chanson était une singularité éclectique : précise, vitreuse, poignante et cool comme l’enfer. Cerise dévoilé comme une ouverture d’ambiance : chaque ligne de synthé sinueuse, chaque fragment vocal haché et chaque écart de genre soudain ressemblait à une scène distincte – voyageant dans le temps sans perdre l’emprise sur le sol.
Sur Papilloncinquième album de Snaith sous le nom de Daphni, le projet Daphni est toujours principalement identifié à ses penchants derrière les platines. Mais Papilloncontrairement à Cerisepromet une certitude technicolor sur le dancefloor, le genre de désabonnement propre et prêt pour le stade qui est devenu la norme pour les DJ contemporains qui vendent l’underground comme un sentiment. Là où il aurait pu auparavant se faufiler dans des morceaux plus étranges comme « Cloudy » ou « Ye Ye » pour les amateurs de club exigeants, il troque ici sa puce cool pour un attrait grand public. Le problème avec Papillon n’est-ce pas fonctionnel. C’est que sa fonction semble prédéterminée : le disque ressemble à un argument de vente sur ce qu’un album de Daphni peut couvrir en 2026, une présentation impeccable et un passage en revue des conventions de la musique dance, plutôt qu’un voyage en cours dont la destination reste inconnue même de son créateur.
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Papillon est la tentative de Daphni de servir la house overground avec une boîte à outils plus avant-gardiste : un quatre-sur-le-sol sous-lourd avec des scintillements d’acide, de dub et de jazz. « Waiting So Long » avance à un tempo à tendance techno tout en s’en tenant aux bases du disco-house : quatre sur le sol, des basses claires et un échantillon vocal positionné comme s’il était censé être la charnière émotionnelle. Le morceau présente sa grande idée et l’encaisse immédiatement, c’est pourquoi il tombe à plat : le crochet est déposé, bouclé et laissé pratiquement inchangé. Puis il passe brutalement à « Napoléon’s Rock », un intermède jazz d’une minute qui interrompt brièvement la monoculture 4/4 de l’album mais refuse d’agir comme un véritable pivot. Il n’y a pas de transfert significatif, pas de recalibrage de l’humeur, juste un rapide essuyage du palais qui dégage la langue sans affecter l’appétit. Ainsi, lorsque « Good Night Baby » arrive avec ses arpèges élastiques et brillants et sa positivité brillante, cela ne se lit pas comme un contraste ; il analyse comme une réinitialisation de la valeur marchande du disque, conçu pour les clips vidéo et les photos de foule. Le sentiment n’est pas libéré – c’est l’agacement dans une pièce bondée d’un frère technique qui se presse et renverse un verre sur moi.
PapillonL’écologie des clubs de est immédiate : la majeure partie de l’album vit autour de cette ambiance du milieu des années 130 où le mixage se fait sans effort et l’élan est garanti. « Clap Your Hands » et « Hang » arrivent comme des moteurs efficaces : percussions serrées, surfaces lumineuses, rythme dans une grande salle ; des morceaux qui se comportent comme s’ils avaient déjà répété leurs signaux lumineux. « Goldie » suit avec un visage plus dur – métallique, brutal, construit autour du poids – et le titre fait un clin d’œil à une lignée britannique de menace rythmique et de culture soundsystem. Mais même ici, Papillon traite la référence comme une garde-robe : une texture plus sombre appliquée pour une scène, puis remplacée avant de pouvoir tacher les pâturages pittoresques du disque.