Fire-Toolz : Critique de l’album Lavender Networks

Chaque fan a une manière différente de décrire la musique absolument dingue qu’Angel Marcloid fait sous le nom de Fire-Toolz. Ses chansons sont naturellement virtuoses et résolument épiques, construites comme une toile tissée par une araignée caféinée, alors qu’elle hurle sur des riffs agités et des pistes de synthé éblouissantes. Certains pourraient l’appeler vaporwave ; pour d’autres, c’est avant tout du black metal, ou du jazz fusion. Voici mon point de vue : Fire-Toolz est du métal progressif, une mise à jour sur Internet de groupes comme Queensrÿche et Dream Theater, dont les albums sont comme des romans pour un certain type de métalleux ringard. À ses débuts avec Warp Réseaux de lavande, Marcloid s’inspire de ces inspirations pour construire un disque qui ressemble davantage à un LP de métal classique des années 80 – ballades, riffs, voyages héroïques – plutôt qu’à la frénésie agitée de son travail passé. Relativement, bien sûr.

Warp n’est pas un label majeur, mais cela pourrait tout aussi bien l’être pour un artiste électronique, et Réseaux de lavande fonctionne comme un début idéal sur un grand label : tout est plus grand, plus brillant et plus ciblé, avec des collaborateurs en dehors de sa timonerie habituelle, comme Zola Jesus et Nailah Hunter. L’institution britannique a contacté Marcloid après sa libération Brisequi soulignait les aspects jazz fusion et électronique du son Fire-Toolz. Elle a écrit la musique sur Réseaux de lavande à peu près à la même époque, mais c’est un microcosme syncrétique de toute sa discographie. Les chansons sont plus autonomes et les détours semblent plus naturels, alors qu’elle traverse des sections de black et de death metal, d’électronique de terre brûlée et le genre de passages au clavier que Keith Emerson aurait écrit s’il travaillait pour The Weather Channel.

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Réseaux de lavande commence par une magnifique suite en plusieurs parties : une intro décontractée suivie d’un crash de black metal d’une luminosité aveuglante. « Quintessential Fixed width Unfoldment » est une sorte de oui, une sorte de liturgie, et tout Marcloid, en particulier dans la façon dont il plonge dans une dérive magnifiquement paresseuse et se déroule dans une outro krautrock. Ce tournant serait un moment fort d’un disque normal ; ici, c’est l’un des quelque 15 moments qui font tourner les têtes. Un autre : « The Ocean Gratitude Cylindre Peace Necklace Lemonade Flying Free », qui troque le proggery fusion contre un riffage de black metal pur et simple, avec un peu de deathcore ajouté. Mais de peur que vous ne pensiez que la chanson n’est qu’un pastiche de genre, un solo de saxophone déchirant (emprunté à une session d’enregistrement de No Joy) vient lui conférer une certaine sex-appeal, un cadavre peint en smoking.

La musique de Marcloid est souvent ridicule, mais elle semble aussi honnête, comme un véritable reflet de ses goûts divers et de son désir de tous les combiner. Ses paroles peuvent être aussi légères et diffuses que les chansons elles-mêmes, mais ici elles sont poétiques et vulnérables. Le premier single « Balam =^..^= Says IPv09082024 Strawberry Head » a été inspiré par un chat que Marcloud a suivi sur Instagram, dont la mort l’a tellement touchée qu’elle a provoqué un épisode existentiel. Sur un instrumental qui sonne comme un morceau de Return To Forever sous stéroïdes, toute musclée et nerveuse, elle crie des lignes poétiques déchirantes et merveilleusement mélodramatiques : « Quand ton corps-esprit nous a glissé entre les doigts/Tu nous es revenu sous forme de larmes/Votre reflet dans les gouttelettes des yeux de ta mère. »