Interview – Mille: mon « Risorgimento » est une renaissance quotidienne

Avec « Risorgimento », mille signent son album le plus intense, articulé, ambitieux et personnel.

Un titre qui joue avec l'histoire mais que, plutôt que d'évoquer un passé lointain, devient une métaphore quotidienne: être renaissant, revenez en mars, pour récupérer sa vie.

À l'intérieur, il y a la fascination pour les symboles de cette époque, l'ironie de son nom et le mythe Garibaldi se sont transformées en pop star ante Litteram. Mais surtout, il y a une urgence contemporaine: libérez-vous des peurs, des dépendances, des identités usées.

Les chansons, écrites et arrangées avec l'ubertoprime, oscillent entre l'intimité et les visions cinématographiques, les corps et les désirs, les souvenirs et les batailles, avec une écriture directe et sans vergogne qui s'entrelace avec une puissante production sonore, entre rock, flashs punk et électronique minimale.

Nous l'avons rencontrée et lui avons parlé de sa comédie musicale « Risorgimento ».

L'interview

Comment s'est passé l'été?

L'été était intense mais positif: de nombreux concerts, mais aussi des moments de pause en studio. J'ai essayé d'équilibrer la vie professionnelle avec de petits espaces pour moi. Par exemple, j'ai passé dix jours à Lampedusa, loin de tout: téléphone, éteignez les médias sociaux. C'était magnifique de pouvoir détacher et redécouvrir la lenteur.
J'ai dormi, mangé, j'ai observé la mer: pour moi, je me repose signifie ne rien faire, rien. C'est une forme de méditation, un moyen de recharger. À cette époque, j'ai redécouvert la beauté de l'ennui, de la lenteur, simple à regarder.

Parlons du disque. La dernière fois que vous nous attendiez quelque chose.

Le mot qui le décrit le mieux est certainement intense. Risorgimento signifie revenir à la source, revenir à la vie, reprendre.

C'est le résultat d'un processus de transformation lent et profond. Ce n'est pas un changement soudain, mais de croissance constante qui a traversé tous les aspects de ma vie, des choix artistiques à des choix personnels.
Chaque chanson raconte un moment de ce chemin, et chaque note apporte avec lui la mémoire de cette transformation.
Mon risorgimento est une renaissance quotidienne!

Y a-t-il des chansons plus douloureuses que les autres?

Oui, certains comme Une lame Ils transmettent des souffrances plus évidentes, à la fois dans le texte et dans la musique.

Le disque est très joué, le groupe est le protagoniste, et cela contribue à rendre le son plus viscéral, presque physique. Comparé à mon premier EP, où j'ai été obligé de travailler numériquement, j'ai pu jouer avec les autres, créer un dialogue musical réel et immédiat.

L'aspect punk, intense et direct découle de cette expérience de partage et du désir de retourner l'énergie concrète.

À ce stade de votre évolution, où vous placez-vous vous-même?

Je me sens dans un moment de maintenance et de consolidation. Je fais une comparaison qui n'est pas très romantique, mais sert à le rendre clairement.
J'ai récemment mis l'appareil pour les dents et, après la période pendant laquelle les dents vont toutes droit, la phase de maintenance commence.

Le maintien n'est pas indolore: les dents ont toujours tendance à se déplacer un peu, donc le soir, lorsque le masque est remis, il y a toujours un peu de gêne.
C'est un moment similaire à ce que je vive dans ma vie: tout est nouveau et doit être observé, protégé, consolidé.
Pour moi, la musique et la vie sont inséparables: j'écris ce que je vis, et donc chaque changement doit être soigneusement accompagné.

La nouvelle vie que je construis, des relations aux maisons, à la structure du travail, a besoin de soins constants et d'observation.
Écrire de la musique et vivre quotidiennement est inséparable pour moi: ce que je live nourrit mon écriture et vice versa.

Parlons de la collaboration avec Rachele Bastreghi

Nous nous sommes rencontrés lors d'un festival et j'étais très timide, alors qu'elle me mettait immédiatement à l'aise. Plus tard, j'ai écrit une chanson en pensant à elle: je l'ai proposée, et Rachele a dit oui immédiatement. Ainsi est né une collaboration spontanée et naturelle, qui reflète une complicité artistique et personnelle. C'est un moment de délicatesse et de courage, raconté avec de la musique plutôt qu'avec des mots.

La visite commence le 7 novembre. À quoi devons-nous nous attendre?

Le concert sera conçu comme un spectacle complet: la programmation est étudiée en détail, alternant des moments d'intensité musicale et d'interaction avec le public. Le groupe jouera de manière vivante et présente: guitare, piano, batterie, synthés et chorales. Il y aura des moments de surprise et aussi des éléments scénographiques inédits, tels que la fusée bleue inspirée de Keith Bush, qui représente un hommage et une petite magie visuelle.

Piste pour la piste

1 – Risorgimento
« Risorgimento » ouvre l'album comme une introduction évocatrice, intense et cinématographique. Quarante-deux secondes d'arcs suspendus, une tension croissante et une vocalisation lyrique. La chanson agit comme une affiche sonore du disque: n'annonce pas seulement une renaissance personnelle, mais l'incarne des premières notes.

2 – UMPM (un sacré meilleur endroit)
Ce passage est un cri, une course à perdre envers un imaginaire ailleurs, entre les synthés gratteaux, la mélancolie urbaine dans une ville trop étroite, le désir de vengeance et les désirs. Une pièce qui parle à ceux qui se sentent désorientés mais continuent de danser. Sale, honnête, nécessaire. Écouter quand tout semble trop, mais abandonner n'est pas une option.
« Un damné meilleur endroit » reflète la fatigue envers la dynamique toxique et performative d'aujourd'hui, critiquant gracieusement la réalité et rêvant d'une utopie minimale qui parle de ceux qui recherchent un plus sincère, humain, lent.

https://www.youtube.com/watch?v=youExmrot94

3 – Temps, les fièvres, la soif
« Le temps, la fièvre, la soif » est une ballade poétique et atroce qui fait face à la « transformation de la douleur au fil du temps ». Un millier d'images corporelles et émotionnelles entrelacées – fièvre, soif, résistance – dans une histoire faite de lacunes, d'attentes et de mélancolie. L'histoire de l'histoire d'amour est autobiographique, mais résonne universelle.

https://www.youtube.com/watch?v=kxpzdfzgp0m

4 – Deux heures du matin
« Two in the Night » est une ballade moderne qui semble émerger du silence émotionnel des petites heures, alors que tout est plus fragile, plus vrai, plus urgent et vide, ou douleur, est amplifié depuis la nuit. Comme un orgasme retenu puis libéré, mille chante avec une voix intime et nocturne le verset, puis exploser dans une confession sincère et écrasante dans le refrain.

5 –
La chanson est une réflexion légère mais lucide sur la « dissonance entre les attentes et la réalité », sur les hauts et les bas de la vie. Les Français dans le titre il y a un contrepoint ironique: tout est « fantastique », mais ce n'est pas du tout.
Dans cette uptempo avec un sous-texte mélancolique, il y a une critique subtile du cynisme émotionnel, de l'ironie comme défense. Il reflète une génération qui alterne la légèreté et les blessures non résolues, dans une société où l'ironie est souvent le seul refuge sincère.

https://www.youtube.com/watch?v=pziUcrewg

6 – Lovers
« Lovers » est une photographie émouvante: une chanson qui observe de près la vie, les gens, qui mettent en scène les amoureux comme s'ils étaient des acteurs dans une tragédie grecque. Un millier les observe avec empathie et émotion, parlant également de lui-même. Les arches soutiennent la tension émotionnelle, ainsi que le « malgré tout » du texte. La chanson dialogue avec une culture cette intimité spectaculaire et dans laquelle le «vrai» confond souvent avec la performance.

7 – une lame
« A Blade » est peut-être la chanson la plus directe et la plus viscérale de l'album: une chanson qui n'essaie pas de adoucir la douleur, mais la nomme avec courage, le regarde dans les yeux. Le titre est déjà une déclaration d'intention: amour, mots, souvenirs … peut faire mal. Un millier chante comme ceux qui ont appris à vivre avec la blessure et à transformer maintenant la coupe en conscience.
La métaphore de la lame fait également référence à la communication agressive et polarisée que nous vivons, à la fois dans les domaines public et privé. Dans un monde où chaque mot peut blesser, la chanson résonne profondément. L'approche est punk: bas, guitare et batterie, quelques fioritures et un chœur d'hommes qui vivent un moment où le public chante en haut des bras vers un ailleurs.

8 – Vidéo dure
Dans « Hard Video », mille utilise des images brutes et quotidiennes pour raconter la désillusion des sentiments et la spectacularisation de la douleur. La métaphore de la « vidéo dure » n'est pas une provocation pour elle-même, mais une lentille à travers laquelle observer la violence émotionnelle et l'exposition de ses sous-vêtements dans la société contemporaine.
Un commentaire explicite sur la culture du corps et de l'image, avec des références à la pornographie émotionnelle des médias sociaux et la nécessité d'être vue et non seulement de regarder.

9 – Artillerie lourde
« Heavy Artillery » est une chanson qui ressemble à une sortie complète, mais calibrée avec l'élégance et la mesure de ceux qui ont appris à frapper précisément. Mille construit une métaphore de guerre pour parler de relations toxiques, de conflits intérieurs et de défenses émotionnelles, comme si chaque mot tiré était une balle.
Inspirée par les événements de la Diaz School en 2001, la chanson dénonce l'amour comme un outil altéré, ainsi que les mots et leur utilisation. Le jeu de contraste met l'accent sur le paradoxe qui nous entoure: le contraste entre le début du piano et l'explosion orchestrale, entre le mot « amour » et sa signification dans le contexte de la chanson, entre l'amour et la propagande qui le fait aujourd'hui.

10 – Eiffel Tour (avec Rachele Bastreghi)
Le commentaire d'un amour, dans lequel chaque détail visuel est une émotion précise: la désillusion et le désir entrelacent avec la voix de Rachele Bastreghi qui amplifie la mélancolie de mille. Une chanson qui raconte une génération qui rêve de villes et de relations lointaines pour compenser le vide interne.

La tournée

📌7 novembre | Bergamo – @drusobg data zéro
📌11 novembre | Milan – @ Santeriatoscana31
📌12 novembre | Rome – @monkroma
📌14 novembre | Parme – @farezzifeSival
📌15 novembre | Turin – @ Spazio211
📌28 novembre | Naples – @teatro_bolivar
📌29 novembre | Molfetta (ba) – @eremoclub
📌17 janvier | Bologne – @locomotivclub

Web & social

https://www.instagram.com/mrs.mille/