Miguel: Critique de l’album CAOS | Fourche

Amoureux du rock’n’roll pour la manière dont il lui permet de mettre en valeur ses prouesses vocales considérables, Miguel Jontel Pimentel – dans l’âme un homme amoureux du R&B pour qui les promesses de dévotion et les propos pervers se glissent entre eux comme des draps de soie entre les membres – est le chanteur noir le plus intéressant à avoir émergé du paysage post-Usher. Pendant un certain temps, il semblait que Miguel était en compétition contre Trey Songz et Jeremih jusqu’à ce que sa fascination pour le studio le place en tête. Sur son cinquième album, CAOSle premier de Miguel en huit ans, les auditeurs ne le trouveraient pas très différent du lutin dont le single « Sure Thing » de 2010 est devenu un phénomène viral encore plus important il y a deux ans ; il aurait pu glisser « New Martyrs (Ride 4 U) » du nouvel album dans sa percée pop de 2012 Rêve de kaléidoscope et « Angel’s Song » dans le morceau de guitare de 2015 Cœur Sauvage.

Huit ans et pas vraiment de refonte. L’audace, malgré ses protestations promotionnelles, est admirable. Si vous ne l’avez pas compris la première ou la deuxième fois, avec le classique à combustion lente « Adorn » ou l’héroïsme à six cordes légèrement sinistre et endetté de Rick James de « Arch and Point », alors CAOS se présente comme une renaissance. Il y a des moments où sa brièveté n’est pas tant une démonstration d’esprit qu’un manque d’idées de composition. Les fans chercheront en vain un « Adorn » ou même un « Sky Walker ». Pourtant, sur le plan sonore, c’est un voyage, et la palette de Miguel en tant que chanteur reste intacte.

L’album commence par l’ouverture d’une chanson titre, une coproduction avec Ray Brady agrémentée d’un échantillon déformé du MUSYCA Children’s Choir, du pincement de guitares acoustiques et des love-me-downs espagnols de Miguel. La même aventure anime « RIP », une chanson d’amour dont la piste de batterie frénétique et la section rythmique woozy sous-tendent des paroles comme « Je déchire quand le poids s’abat/Avant de m’énerver sur mes oscillations vides », un clin d’œil aux morceaux électro-R&B des années 80 de Ready for the World, dont la curiosité pour la cybernétique semblait nouvelle et amusante. Miguel recrute même l’ancien joueur sur ordinateur George Clinton, le Starchild lui-même, sur « COMMA/KARMA », une mise à jour PG de « Coffee » – en 2025, c’est des sushis et du saké frais et Miguel dit tous : « Je suis fier d’admettre que je suis plutôt défoncé en ce moment.

Ces morceaux, ainsi que le doux « New Martyrs (Ride 4 U) » et la coproduction de Dave Sitek « Always Time », constituent le cœur de CAOSaussi puissant que n’importe laquelle de ses musiques précédentes. Mais la partie intermédiaire, à commencer par « El Pleito » en espagnol, en traîne certains, en particulier les numéros autoproduits, dont quelques-uns dépassent à peine la barre des deux minutes, et, mon Dieu, ils rampent. L’album se redresse avec « Nearsight [SID]», une démonstration spartiate de la ceinture multipiste de Miguel qui nous rappelle à quel point sa voix est belle.

Comment CAOS se comportera dans ces décombres d’un paysage musical vaut la spéculation. Ses collègues se sont appuyés sur leurs propres preuves. The Weeknd transformé du solipsiste de Maison des Ballons qui a tendu des pièges musicaux aux auditeurs en un romantique aigre dont les gestes rock d’arène donnent à ses reniflements un son historique mondial. Fidèle à son titre non officiel de Greta Garbo du R&B aqueux, Frank Ocean s’est enfoui dans des paysages sonores électroniques midtempo scintillants, renforçant un culte éternel que les fans aiment très bien. CAOSmalgré le titre, est élégant et posé, et j’espère qu’il dépassera la claque de Miquel.

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