Tiga : Revue du morceau « High Rollers »

Sur « High Rollers », l’icône de l’électroclash de la première vague, Tiga, adopte le personnage au micro d’un MC rap des années 80 – il cite Ice-T comme source d’inspiration – pour parler de la façon dont la cupidité est, une fois de plus, bonne. Sur un rythme acid house endiablé, ses gros joueurs rétro se pavanent avec des «bottes en peau d’anguille» sur «Pusherman» de Curtis Mayfield et vérifient leurs bips pour les «gros contrats». Il rappe si vite que vous n’entendrez peut-être même pas de qui il parle réellement : « Ces hauts fonctionnaires des rues de notre ville/Gagnent des millions, tous déclenchés par des bips électriques. » (Nancy Pelosi, c’est toi ?)

Il y a plusieurs chansons que j’aime sur le nouvel album de Tiga, VIE CHAUDEcomme « Silk Scarf » avec Fcukers, une sorte de version archaïque de « Guess » de Charli XCX pour la mode masculine, ou le rave-up réservé aux freaks « Sexless Pornographic Losers », avec son compatriote DJ montréalais Maara. Mais je n’ai pas épuisé une chanson comme celle-ci depuis que Two Shell a fait ce remix dément et accéléré de MUNA, qui devrait vous dire exactement quel genre d’humour malade et tordu je recherche dans une ligne de basse. En fin de compte, ce morceau me rappelle une affiche de l’époque des émeutes de Los Angeles de 1992 réalisée par le collectif d’art féministe Guerrilla Girls qui dit : « CES HOMMES BLANCS ONT ÉTÉ VIDÉOTÉS EN PILLANT VOTRE QUARTIER : George Bush… Jerry Falwell… Clarence Thomas… Ronald Reagan. » Je déteste les joueurs, je déteste le jeu, mais j’adore cette chanson.