Critique: SAYF – « Santissimo » – Newsic.it

Avec « Santissimo », Sayf signe un début qui n’a pas l’air d’un début. Il n’y a pas d’empressement centrifuge de quelqu’un qui veut tout démontrer en même temps.

Cela ressemble à l’album de quelqu’un qui a déjà trouvé son monde et qui est maintenant en train de mieux le mettre en valeur.

Dix-huit titres où les paroles précèdent le rythme. Le flux sonore accompagne, se retourne, laisse l’espace. Adam n’utilise pas le rap comme une barrière. Il l’utilise comme colonne vertébrale.

La trompette qui s’ouvre et se ferme n’est pas une astuce mise là pour créer une atmosphère. C’est le son du disque. Swing, pop, rap, mer, port, mauvaises nuits. Tout y revient.

Les invités travaillent aussi car ils n’interrompent jamais le paysage du disque pour monter sur scène. Ils entrent et s’adaptent à la température émotionnelle des pièces.

Geolier entre dans les souvenirs avec une pièce qui parvient à être personnelle même si vous ne connaissez pas cette histoire. Sauce maghrébine cela touche à certaines des intuitions mélodiques de Ghali, notamment dans la façon dont il oriente la métrique vers la pop nord-africaine. Parce que je pleure C’est peut-être l’élément le plus fort de la première moitié : les grèves, le G8 de Gênes, la guerre, la dégradation. Beaucoup de choses à l’intérieur, sans se transformer en pippo classique et occupé. Kid Yugi arrive fort et fait exactement ce qu’il est censé faire.
Bratz avec Nerissima Serpe rocks : ça démarre comme un banger avec des appels rythmés au Les hanches ne mentent pas de Shakira, puis dévie dans un spécial reggae qui bouleverse complètement le morceau.

Cependant, le véritable intérêt de l’album réside dans la chanson titre. La mer en contrebas, cette ambiance suspendue, presque rêvée, et puis le solo final qui ressemble à Pink Floyd sans faire les devoirs vintage.
Bresh arrive ensuite avec Parler d’amour et le tableau se ferme encore mieux : guitare acoustique, Gênes au-dessus de vous, auteur-compositeur-interprète sans pose. Princesse il change l’air, apporte des sonorités latines et l’odeur du sel. Avec Fi$ et Tedua on retourne au super street, sec, droit, rough, la même ligne que la suivante Raphaël.

Dans Il n’y a pas les tons baissent et la partie la plus intime et introspective s’ouvre (le temps est passé / le temps ne revient pas / avec le garçon qui rêve / le temps qui passe ronge les années)
Que voulez-vous de moi semble accompagner les pièces déjà connues : Bon dimanche, Una Can Et Je t’aime beaucoup qu’à l’intérieur du disque, ils fonctionnent bien mieux qu’ils ne le paraissaient à l’extérieur.

Argent avec Artie 5ive et Guè il clôture la partie la plus musclée de l’album avec une élégance presque arrogante, puis cette trompette revient Randa Baraond. Swing, jazz tordu, fumée, quais vides. Et l’album se termine exactement là où il a commencé : dans une ville dont on ne parle jamais trop mais qui reste partout.

Sayf savait déjà qui il était. Ce disque n’est que la première fois qu’il l’écrit directement.

NOTE : 7,50

À ÉCOUTER MAINTENANT

Souvenirs – Pourquoi je pleure – Argent

À SAUTER IMMÉDIATEMENT

Je ne dirais rien mais je ne l’ai écouté que trois fois… puis le filigrane a expiré !

LISTE DES TRACES

SEXE SUR LE PÈRE NOËL
MEMOIRE (feat. Géolier)
SAUCE DU MAGHREB
PAS DE BOUTIQUE
POURQUOI JE Pleure (feat. Kid Yugi)
BRATZ (feat. Nerissima Serpe)
SAINT
PARLER D’AMOUR (feat. Bresh)
PRINCESSE
FI$. (feat. Tedua)
RAPHAËL
IL N’Y A PAS
QUE VOULEZ-VOUS DE MOI
BON DIMANCHE
JE VOUS AIME TELLEMENT
MONEY (feat. Artie 5ive, Guè)
UNE CAN
GRAND VOILE BARAOND

DISCOGRAPHIE

2026- Très Saint

VIDÉO