Vol. 35-2026 de Newsic Friday – nos bulletins du premier vendredi écoutes.
LA PLAYLISTE
LES BULLETIN PIÈCE PAR PIÈCE
Prince – Note 9,00 – Écouter Prince encore embryonnaire est un privilège rare : Je suis toi chanson de 1977, renvoie l’artiste avant le mythe, déjà capable d’intégrer le funk, la soul et la pop dans une identité sans équivoque. Un enregistrement immature seulement en apparence, imprégné d’un talent qui ne semble pas avoir besoin de temps. Magique.
Interpol – Cote 8,00 – Des ailes en feu c’est Interpol sans déviations : des guitares hurlantes, des ombres ondulées et cette tension nocturne que le groupe sait faire matière sonore. Ils ne recherchent pas l’effet de surprise, ils peaufinent un langage qu’ils connaissent parfaitement. Une certitude, peut-être justement pour cette raison, encore nécessaire. Sans relâche.
Collectif Esdras – Cote 8,00 – Sentiment de jubilé fait entrer le jazz londonien dans l’euphorie de la Funky House, sans le réduire à une simple citation. Le piano de Joe Armon-Jones entraîne un groove métis, mobile et expansif. Un hommage urbain qui évite la carte postale et trouve sa force dans la contamination. Vibrant.
Saul Williams – Carlos Nino – Note 8,00 – La voix devient matière, rythme, percussion. Williams parle et improvise sur une texture qui traverse le jazz abstrait, le hip-hop, l’ambient et le rituel sans se soucier des frontières des genres. L’intention est radicale et la forme étonnamment organique : plus qu’un disque, un processus continu. Hypnotique.
Tourniquet – Elton John – Note 7,50 – SEEIN’ STARS est la rencontre improbable qui fonctionne : Turnstile conserve son urgence hardcore tandis qu’Elton John amplifie leur côté mélodique, sans apprivoiser leur impétuosité. Plus qu’une apparition, c’est un court-circuit stylistique à la cohérence interne surprenante.
Reines de l’âge de pierre – Note 7,00 – La disparition de quelqu’un devient une fissure émotionnelle plutôt qu’un prétexte au mélodrame. Homme conserve le poids sonore habituel, mais laisse filtrer une mélancolie sèche, dénuée de complaisance.
Echo et les lapins – Note 7,00 – L’obsession circulaire de l’habitude pour Ian McCulloch est un passage hypnotique et vaguement crépusculaire et questionne le quotidien pendant que le groupe crée la tension sans forcer le pathétique. Élégant, mais pas toujours incisif : le charme reste plus atmosphérique que compositionnel.
Yuppie Flu – Note 7,00 – Yuppie Flu revient se déplacer sous ses latitudes lo-fi, où l’imperfection et l’immédiateté deviennent partie intégrante du langage. Le nouveau morceau consolide une figure désormais reconnaissable, sans pour autant vraiment en déplacer les frontières. Solide.
Gianna Nannini – Note 7,00 – Une merveilleuse erreur met Gianna Nannini en dialogue avec Brunori Sas et Dimartino, entre écriture d’auteur et arrangement symphonique qui élargit la portée de la pièce. La voix conserve de la rudesse et du caractère, tandis que la mélodie recherche le ressenti sans glisser dans l’emphase. Intense.
Johnny Marr – Note 6,75 – Marr revient à la chanson politique sans l’alourdir de rhétorique : la mélodie conserve son élan tandis que les paroles opposent l’idéalisme au cynisme et à la corruption. L’urgence est authentique, l’impact musical moins perturbateur que ne le suggère l’affiche.
yendry – Note 6,75 – Il mentira confirme la vocation de YEИDRY pour une pop latine sensuelle et oblique, où rythme et mélodie se cherchent sans se figer dans des formules prévisibles. Le morceau a une grâce épidermique et une bonne tenue mélodique. Séduisant.
Olivia Rodrigo – Note 6,75 – Une annexe qui trouve sa propre autonomie en dehors de la programmation album. Rodrigo conserve la tension pop-rock habituelle, mais ici la chanson apparaît plus latérale que nécessaire, intéressante avant tout pour sa trajectoire éditoriale. Une bonne initiative en tant qu’organisme caritatif unique pour soutenir les organisations engagées dans la protection et la promotion des droits des femmes et des filles.
J. Bernardt – Note 6,75 – Un nouveau départ recherché loin de chez soi devient matière à un album plus instinctif, joué avec une physicalité enfin libre. J.Bernardt élargit son lexique soul sans perdre son identité, entre rythmes incandescents et suggestions Motown.
Philippe Ferrari – Note 6,75 – Filippo observe le rituel des fêtes avec une ironie quotidienne, transformant le retour à la normalité en une petite névrose collective. L’idée est centrée, mais l’écriture reste souvent didactique, la musique plonge assez sous la surface.
Post Malone – Jeremih – Note 6,75 – La réédition de « August 26th » remet en lumière le Post Malone avant la superstar, quand les mélodies trap, hip-hop et pop coexistaient encore sous une forme irrégulière et curieuse. La présence de Jeremih accentue son côté plus doux. Un document d’époque intéressant. J’ai donc aimé Post et pas dans son twist country !
Alfa et Gigi D’Alessio – Cote 6,50 – Gênes et Naples met en musique une idée d’appartenance qui vient de la mer, de la mémoire et du célèbre jumelage de football. Alfa et Gigi D’Alessio recherchent une synthèse générationnelle, mais la chanson se livre souvent à une rhétorique identitaire. Le sentiment est sincère, l’écriture moins surprenante.
Alan Warren – Cote 6,50 – Oeil d’émeraude c’est une déclaration d’amour déguisée en disco-pop, soutenue par un groove soigné et la touche funk de Nile Rodgers. L’énergie est immédiate, le pont ouvre une parenthèse psychédélique intéressante. Agréable, mais l’effet de surprise s’estompe vite.
Ville de tempérament – Cote 6,50 – Psychologie inversée entre dans la dynamique toxique d’une relation, entre manipulation, vulnérabilité et poussées et tractions émotionnelles habituelles. L’idée est efficace, mais l’écriture reste trop proche du thème pour le transformer en une histoire véritablement personnelle.
Jenny – Note 6,50 – Guitare lo-fi, claviers vintage et vocalité retenue racontent une relation suspendue entre complicité et sentiment. Jennie évite le mélodrame, mais reste dans un domaine bien trop policé, où l’intimité risque de devenir une formule. Suspendu.
Bélier – Angelina Mango – Cote 6,50 – Quelle belle vie met en scène l’amitié comme antidote aux distorsions de la croissance, avec une écriture simple et volontairement générationnelle. Bélier et Angelina Mango se rencontrent sans frictions, mais aussi sans manques d’imagination particuliers. Le sentiment vient. Sincère.
Borghese Cosmonauts – Note 6,50 – Les Borghese Cosmonauts racontent l’histoire d’une génération en transition, élevée entre l’analogique et le numérique et obligée de réinventer sa place dans le présent. Le thème est intéressant, mais la rédaction tend à rendre la thèse trop explicite. L’intuition est là, la forme reste à affiner
Impératrice de – Note 6,50 – Une synth-pop brillante et dansante, construite sur un rythme pressant et un refrain qui vise clairement l’immédiateté. Empress Of connaît bien la grammaire de la pop électronique, mais ici la douceur de la production prime sur les surprises.
Lil Jolie – Note 6,25 – Lil Jolie aborde la relation entre argent et identité avec un discours serré et des rythmes entraînants, choisissant de critiquer le système sans nier ses contradictions. L’intention est claire, mais l’écriture reste plus affirmée que véritablement incisive. Une bonne idée mais il me manque quelque chose !
Shiva – Cote 6,25 – Avec Mensonges Shiva met de côté la posture de vengeance et fait face à une fracture sentimentale encore ouverte. L’écriture reste directe, la composante mélodique fonctionne, mais le récit évolue dans des coordonnées urbaines déjà largement fréquentées. Intime, sans devenir vraiment incisif.
Elaïsa Mancini –Note 6.00 – Une invitation à une liberté retrouvée qui croise songwriting électronique, ambient et house mélodique avec un naturel discret. L’ambiance est raffinée, mais la chanson tend à privilégier la surface sonore à une écriture capable de laisser une trace plus nette. Un peu de Disney en chantant !
L’article CHANSONS DE LA SEMAINE : sorties de nouveaux disques (28 août) #NewMusicFriday vient de Newsic.it.