Critique : BONOBO – « Distance en statique »

Simon Green sort « Distance In Static » le 11 septembre pour Ninja Tune : quatorze chansons conçues pour le club

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Vingt-cinq ans de carrière peuvent être entendus dans « Distance In Static », le nouvel album de Simon Green sous son surnom de Bonobo.

Quatorze chansons construites pour s’enchaîner les unes dans les autres, une mosaïque certes clubby conçue pour être écoutée en séquence et non en épisodes séparés. C’est la synthèse d’un chemin plutôt que son évolution.

Le premier single, Moi et Toidécrit bien cette phase. Un titre orienté dancefloor au parfum ethnique rétro que Green a déjà essayé dans ses propres DJ sets, dont deux pop-ups à guichets fermés à Londres et Paris. Par rapport aux albums précédents tels que « Migration » et « Fragments », la tension narrative de l’album cède ici la place à un plaisir plus immédiat : de nombreuses chansons semblent écrites avec un set ou une playlist en tête, et non avec un écart de composition imprévisible.

Le casting de collaborateurs, d’Arooj Aftab à Joy Crookes, de Nilüfer Yanya à Ichiko Aoba, en passant par Nicole Miglis de Hundred Waters, Aanya Martin et Kanako Yamamoto, certifie une maturité dans les relations de travail que Green n’avait pas encore montré avec cette ampleur. Les voix élargissent le périmètre linguistique de l’album, anglais, ourdou, japonais, et timbral, guzheng, samples iraniens, textures environnementales, sans rompre la cohérence de l’ensemble. Les ajouts sont soigneusement choisis, non combinés à des fins de collection, et l’album reste une œuvre unitaire plutôt qu’une playlist de fonctionnalités.

Quand Green travaille son propre matériel, motifs minimaux presque classiques, mélodies accrocheuses, basses sales, rythmes entraînants qui puisent dans son répertoire 4/4, « Distance In Static » revient proche de sa signature historique, ludique mais déjà entendue.

Les motifs de batterie restent limpides et rien d’autre. Les séquenceurs s’agitent sans jamais s’allumer. Les cordes, plutôt que de remplir les chansons de pathétique, finissent par devenir les otages du système EDM, pure pièce structurelle. L’album glisse dans une ambiance clubby plus recyclée qu’inspirée, avec des morceaux qui semblent conçus pour un environnement ou une playlist spécifique : parfois anonymes, manquant de la fraîcheur qui caractérisait les œuvres précédentes de Green.

L’attention visuelle est également de la partie : la pochette, confiée à Trevor Jackson, est le cadre idéal pour un disque entièrement axé sur la mesure essentielle.

« Distance In Static » est ce qu’il paraît : solide, cohérent, réalisé avec une attention qui confine à l’obsession. Il confirme Bonobo comme un auteur capable de rapprocher l’écoute en club et à domicile. Nous préférons qu’il s’attaque aux échantillons guzheng et iraniens plutôt qu’à ses 4/4 plus prévisibles.

À ÉCOUTER MAINTENANT

Feu sur l’eau (feat. Arooj Aftab) – Fontaine de la jeunesse (feat. Nilüfer Yanya) – Equinoxial (feat. Ichiko Aoba)

À SAUTER IMMÉDIATEMENT

Le disque coule à flot. A la deuxième écoute, le premier morceau que je sauterais serait Drift

NOTE : Note 7,00

LISTE DES TRACES

Aube
Cycles
Feu sur l’eau (feat. Arooj Aftab)
Dérive
Parle-moi (feat. Nicole Miglis)
De manière inhabituelle
Toujours à vos côtés (feat. Joy Crookes)
Fontaine de la jeunesse (feat. Nilüfer Yanya)
Shokoufeh
Ne peux-tu pas voir (feat. Aanya Martin)
ID700
Moi et Toi
Equinoxial (feat. Ichiko Aoba)
Mercure (feat. Kanako Yamamoto)

DISCOGRAPHIE

2001 – Magie animale
2003 – Composez le « M » pour Monkey
2006 – Jours à venir
2010 – Sables noirs
2013 – Les Frontières Nord
2017 – Migrations
2022 – Fragments
2026 – Distance en statique

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