Céleste-Femme-Des-Visages-album-2025
Le deuxième album est toujours une zone de turbulences : il l’est pour tout le monde, mais il devient presque cruel pour une artiste qui, à ses débuts, avait conquis les sommets du public et de la critique.
Et lorsque le paysage soul-pop se peuple de nouvelles voix ambitieuses, les attentes finissent par peser comme une couche de pression supplémentaire. Dans ce scénario, prend forme « Woman Of Faces », le deuxième chapitre de Celeste quatre ans après le beaucoup plus compact « Not Your Muse ».
L’album est né de frictions tout sauf marginales. Le chanteur a parlé sans filtre des frictions avec le producteur Jeff Bhasker et des malentendus avec le label : signes que quelque chose dans le processus créatif n’a pas fonctionné comme il aurait dû. Pourtant, Celeste tente toujours de préserver son propre lexique sonore : cette façon d’être à la fois somptueuse et dépouillé, élégante mais traversée de veines douloureuses.
Le résultat est une œuvre sombre, austère et fièrement introvertie. « Woman Of Faces » ne cherche pas de raccourcis ou de clins d’œil à la pop mainstream ; il procède en clair-obscur, dans un territoire qui absorbe les suggestions winehousiennes, le jazz vocal et un goût rétro qui ne dédaigne pas les textures mélancoliques et les arrangements doux.
La chanson titre définit immédiatement la posture du disque : des cordes enveloppantes et un personnage qui « travaille si dur pour être remplacé ».
C’est une fresque de précarité émotionnelle qui trouve sa contrepartie dans l’ouverture En route avec le spectacle, où la vie se déforme dans un théâtre perpétuel.
L’album change de peau à plusieurs reprises : d’orchestrations presque cinématographiques on passe à des lamentations épurées. La seule lueur pop reconnaissable est livrée avec Cela pourrait être une machine, presque une démonstration puissante comme Adèle, une parenthèse qui montre toutes ses couleurs mais ne vire pas au compromis et se termine par C’est qui je suisla déclaration définitive de l’artiste.
« Woman Of Faces » est un disque qui demande du temps, de l’attention, la volonté d’écouter lentement. Il a une cohérence narrative qui fascine, mais il sent le poids de ses propres ambitions : il ne parvient pas toujours à transformer l’introspection en élan, et risque parfois de retomber dans son ombre. Cela reste cependant une œuvre solide et raffinée, avec des moments de clarté émotionnelle qui confirment la stature auctoriale de Celeste.
Pas un faux pas, pas un triomphe : une œuvre intermédiaire, d’ampleur courageuse, qui mérite une approche sans hâte.
NOTE : 7,75
À ÉCOUTER MAINTENANT :
Femme aux visages – Les gens changent toujours – C’est qui je suis
À SAUTER IMMÉDIATEMENT
Un peu plus d’une demi-heure de voyage dans une dimension raffinée et mélancolique. Parfait pour le temps maussade de l’automne !
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DISCOGRAPHIE
2021 – Pas ta muse
2025 – Femme aux visages
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