En passant du full 9 de Rolling Stone USA (les fatidiques 4,5 étoiles qui le décrètent comme «son…»
GRACIE-ABRAMS-Fille-de-l’Enfer-nouvel-album-2026
Passez de 9 plein de Pierre roulante Utilisez le laconique 4 sellé par le Le gardien c’est le problème classique de la critique contemporaine.
Un abîme de perceptions diamétralement opposées qui nous oblige à nous demander : Gracie Abrams a-t-elle vraiment signé son manifeste générationnel ou est-elle en train de nous vendre une énième esthétique hyper soignée de la souffrance ?
Co-écrit et produit avec l’omniprésent Aaron Dessner, «Fille de l’enfer » vise à capturer l’incertitude fluctuante et les turbulences émotionnelles des années vingt, en créant un chapitre formateur qui se veut intime mais, en même temps, largement universel.
Sur le papier, le récit minutieux est là : seize titres qui se déroulent tel un bulletin de guerre entre lames, balles, maisons en feu, accidents de voiture et sang sur les genoux. Une foire de dumping traumatique lyrique qui voudrait justifier le titre, la parabole d’une jeune de vingt-six ans qui retravaille ses névroses en adolescente téméraire qui met les nerfs de ses parents à rude épreuve.
Le noyau thématique, après tout, aurait sa propre dignité : explorer la frontière ténue entre blâmer les autres et assumer ses responsabilités dans la transition vers l’âge adulte. Pourtant, l’interprétation finale oscille dangereusement entre une maturité réfléchie et un mélodrame adolescent de l’ère Tumblr.
La véritable dissonance cognitive réside dans le choc incurable entre cet arsenal gothique-émotionnel et le calme insistant, presque anesthésiant, de la musique.
Gracie chante et Dessner applique sa peinture pastel habituelle, mais le résultat est qu’après une bonne heure de cette intimité monochromatique, l’effet somnifère prend le dessus.
La tension émotionnelle s’aplatit à tel point que la seule vraie poussée d’adrénaline vient de la tentation irrépressible d’appuyer sur « stop » sur le joueur pour retrouver un lambeau de battement de cœur. Peut-être que je n’ai pas raison humeur d’écouter pour se brancher sur ces fréquences hyper-mélancoliques, ou peut-être seize variations sur la même langueur mettraient à l’épreuve la patience de chacun.
Quiconque voit un chef-d’œuvre absolu se laisse hypnotiser par la surface ; ceux qui l’écartent d’un 4 rejettent peut-être a priori son esthétique confessionnelle subtile, quoique calculée. La vérité est que «Fille de l’enfer » ça ne vient pas du tout de l’enfer : c’est juste un énième limbe doré très élégant et soporifique de la pop contemporaine.
À ÉCOUTER MAINTENANT
Frappez le mur – Regardez ma vie – Minibar
À SAUTER IMMÉDIATEMENT
Une écoute suffit amplement !
NOTE : Note 6,00
LES VOTES DES AUTRES
Rolling Stone (États-Unis) – Note 9,00
Associated Press – Note 8,00
Conséquence – Note 6,70
Fourche – Note 6,20
Le Gardien – Note 4,00
LISTE DES TRACES
Frappez le mur
Souhait de mort
Le couteau
Fille de l’enfer
Regarde ma vie
Bonne raison
Des hommes comme toi
Sobre
M’a brisé le coeur
Ruelle
Mini-bar
Ami imaginaire
Afflictions
Bourdonnement
Et si c’était vrai ?
Au revoir froid
DISCOGRAPHIE
2023 – Bon débarras
2024 – Notre secret
2026 – Fille de l’enfer
VIDÉO
WEB ET SOCIAUX
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