LIBERATO-Radio-Liberato-album-2026
Le 9 mai est devenu un anniversaire civil et Liberato revient pour présider cette date.
« Radio Liberato » est la quatrième album studio qui, pourtant, déjà dans le titre signale une déviation par rapport au passé : aucun Libéré IVpas de suite à la saga numérotée qui avait construit une attente presque à la Ledinzeppelin.
Un choix délibéré. Aussi parce que « Radio Liberato” Ce n’est pas un album de chansons inédites, mais une réinterprétation du matériel du premier projet. »Libéré » avec quelques ajouts et quelques jokers épars.
Cela pourrait ressembler à une rupture. En réalité cela confirme la méthode, pas de promotion, pas d’interviews, pas d’actualité, avec en plus un nouveau cadre conceptuel, celui de la radio pirate, qui produit pourtant l’effet inverse de celui déclaré. Une musique qui devrait exister sans aucune superstructure finit par générer plus de battage médiatique et d’anticipation que n’importe quelle campagne marketing traditionnelle. Le paradoxe est désormais structurel, et Liberato le sait.
J’aime la playlist disco, comme j’ai toujours aimé Liberato, mais cette fois, quelque chose cloche.
La partie la plus réussie est la partie purement musicale : Mahmood chante en su napolitain Dans la rueIosonouncane qui traverse les neuf minutes de l’album de manière éthérée et expérimentale Gaïola en le prenant ailleurs, le remix de Modeselektor sur Guagliaò ce qui fait évoluer la chanson vers la culture club européenne sans la forcer avec les autres remix de l’album.
Et puis encore Calcutta qu’il relit J’attends que tu t’aimes et Sara Gioielli qui rejoint Rien avec cette présence vocale qui n’a pas besoin de beaucoup d’espace pour en occuper beaucoup. Jusque-là la curatelle a du sens, il y a une logique d’affinités électives et les rapprochements fonctionnent !
Alors le dossier se contamine et le projet change de nature. Stefano De Martino anime la radio pirate dans l’intro et la finale. Maria Esposito lit Alexandre le GrandAlberto Angela prête sa voix à Sibilla Cumana, Serena Rossi, Valerio Lundini et Stash de The Kolors complètent une liste qui à un moment donné cesse d’être un casting artistique et commence à ressembler à une émission de variétés du samedi soir. Chacun de ces noms apporte avec lui un public, une reconnaissabilité, une Italianité.
Liberato brise la frontière entre l’underground et les heures de grande écoute, ou bien cette frontière s’est déjà dissoute d’elle-même et il le reconnaît simplement.
La couverture de Reine des pièges de Fetty Wap renommé Reine de Naples c’est le geste le plus honnête de l’album mais aussi le plus risqué : prendre quelque chose aux autres, le napolitainer et en faire un nouvel objet. C’était déjà le moteur du début, cette capacité à faire parler la trap américaine en napolitain, et elle revient ici comme une citation consciente d’elle-même.
De Martino en tant qu’animateur radio ouvre une question que personne ne prétend ne pas se poser : le reverra-t-on à Sanremo 2027, avec De Martino sur la scène Ariston ? Ce serait le court-circuit parfait entre le fantôme le plus célèbre de la musique italienne et l’émission télévisée la plus suivie du pays. Sera-t-il dans l’un des « packages » de Sanremo avec le très attendu « Liberato IV » ?
En fin de compte, le secret de Pulcinella est le suivant : tout le monde sait qui est Liberato, ou pense le savoir, et le seul qui prétend ne pas le savoir, c’est moi, mais peut-être que ça me convient et que je continue à être fasciné par le mystère même si à la longue tout devient ennuyeux et Liberato le sait aussi !
À ÉCOUTER MAINTENANT
Naples Queen – Intostreet – Guagliaò – Me staje appennenn’ aimé
À SAUTER IMMÉDIATEMENT
Rien. Une fois de plus l’album fonctionne même s’il manque quelque chose de vraiment nouveau !
NOTE : 7,50
LISTE DES TRACES
Introduction
Au revoir
Reine de Naples
Dans la rue (par Mahmood)
Alexandre le Grand
Rien (par Sara Gioielli)
Gaiola (par Iosonouncane)
Sibylle
Oi Marì (remix de DJ Python)
Guagliaò (Modeselektor remix)
Non ce penza (Yu Su remix)
Sorcière
Oui toi (Fenoaltea remix)
Me staje appennenn’ aimé (de Calcutta)
Vuje me facite ascì pazz’/Finale