Peu d’artistes apprécient la joie d’une promenade nocturne comme Karri. Avec celui de l’année dernière Musique de curseur de fin de soirée et sa suite récemment publiée, CURSEUR IIle natif de San Francisco a recréé l’ambiance d’une croisière de minuit tout en sortant prudemment du monde du R&B underground. Il est soutenu par Drake et son ami de longue date Chubbs, qui ont signé Karri sur son label PFL Records. Au début, Karri s’en tenait principalement à son son « Lo’ N Slo’ », qui associe une production lo-fi à une voix floue et woozy. Maintenant, il a affiné son approche en associant ces voix à une production plus lumineuse qui laisse place à plus d’émotion et de couleur : c’est comme s’il avait réalisé que la destination est tout aussi importante que le dynamisme.
Karri ne cherche pas à réinventer la roue avec CURSEUR IImais il trouve de nouvelles façons d’élargir son approche. CURSEUR II commence par « Crashout », une session de vingt minutes qui pénètre profondément dans les sombres grattements d’une guitare. « Ce 9h à 17h ne t’a pas fait travailler/Je viens de pointer parce que tu as travaillé sur mon dernier nerf », chante-t-il. Sa voix est nue, comme si elle était chantée dans un mémo vocal pour une utilisation future, conférant un nouveau sentiment de vulnérabilité à sa musique. « Unconditional Interlude » associe Karri et Pimmie, un spécialiste grandissant des interludes et $ome $exy $ongs 4 U caractéristique remarquable, en tant que couple évanoui. Leurs voix sont sévères et douces jusqu’à ce qu’une répétition climatique du refrain brise la tension. Avec l’affirmation en écho de l’amour inconditionnel de Karri, c’est le seul moment du disque où les choses semblent certaines.
CURSEUR II marque également une évolution pour la production de Karri, offrant plus de dynamisme sans pour autant s’éloigner complètement de sa zone de confort. Produit par Noel Cadastre, « Not a Romantic » navigue alors que la voix Auto-Tuned de Karri transperce une basse en écho avec le froid d’un sac de glace jusqu’au cou. Des synthés en écho ressemblant à des organes se balancent comme une rafale de vent derrière, ajoutant une secousse de vie à ce qui aurait autrement été une autre dose de soliloques du ciel sombre. Mais ce n’est pas toujours aussi mélancolique. « Go », avec Kehlani, met le rebond de la Bay Area au premier plan en échantillonnant « Tell Me When to Go » de E-40, ce qui en fait la chanson la plus amusante et la plus pleine d’entrain du catalogue de Karri.
Ces changements de ton s’accompagnent d’un sentiment d’optimisme. La production chatoyante de Mack Keane sur « Time Again » contraste avec les appels de Karri à un amour non partagé, et bien que les métaphores puissent être ringardes (« Un seul qui m’a dit que les gars sympas finissent en dernier/Et tous ces ciels brillants peuvent se transformer en cendres »), elles présentent un chanteur balayé et éperdument amoureux. Vous avez une idée de l’endroit où l’esprit de Karri s’égare pendant ses promenades nocturnes. Où Musique de curseur de fin de soirée je me suis attardé sur la douleur, CURSEUR II regarde vers l’avenir. Même s’il prospère toujours sous un ciel sombre, Karri se fait un devoir de nous montrer qu’il y a encore de la vie sous les étoiles.