Melody’s Echo Chamber : critique d’album sans nuages

La multi-instrumentiste française Melody Prochet crée le genre de musique atmosphérique fiable qui peut transformer même le moment le plus quotidien en une scène d’un film de Sofia Coppola ou de Xavier Dolan sur une jeunesse condamnée. Echo Chamber de Melody scintille comme de la gaze : des paysages sonores dream-rock cinématographiques, des explosions sourdes de basses floues et des percussions enroulées enveloppées dans une guitare réverbérante et tintante.

Ses reflets sépia deviennent encore plus rêveurs. Sans nuagesle quatrième album de Prochet – le cinquième, si l’on compte l’album « perdu » Se dérouler (et nous devrions). Elle joue ici de ses atouts, la musique se déployant dans un psychédélisme pop-rock diaphane qui menace de s’envoler. L’album est un morceau de beau tissu brillant suspendu à une branche d’arbre, dansant dans la brise et risquant d’être déchiqueté en morceaux de paillettes à cause d’un goût trop fort.

Les jolis accords et arpèges dont Prochet prétendait s’être lassé avant d’écrire le disque éponyme qui l’a mise sur la carte dominent Sans nuages. La marche downtempo au cœur de « Memory’s Underground » explose en une tempête de cordes et de réverbération. « Daisy » assisté par El Michels Affair est un rayon de soleil en bouteille au moyen d’une guitare électrique pincée et d’une ligne de batterie répétitive que vous pouvez entendre dans presque toutes les chansons du disque. Sa voix chantée a toujours été un brin de fil reliant ses arrangements les plus substantiels, et la même chose est vraie ici. Prochet chante largement en anglais sur Sans nuagesce qui est bien, même si l’élément bilingue ajoute toujours une couche supplémentaire : ses chansons en français ont une qualité plus grande que nature, chantées avec une autorité qui suggère Prochet comme l’héritier présomptif des pionniers de l’électro-rock français comme Air. Tout comme leur propre musique de barbe à papa, Sans nuages se fond sur lui-même, une tapisserie éthérée qui manque de définition. C’est beau, mais même les singles ne se démarquent pas vraiment.