SANREMO 2026 – Les RAG DOLLS représentent les outsiders pour allumer une étincelle

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Le Bambole di Pezza entre parmi les Bigs du Festival de Sanremo avec « Resta con me », une power ballade qui n’adoucit pas leur lexique rock mais le concentre dans une écriture plus exposée, presque confessionnelle.

Une chanson qui parle de cohésion dans les moments de fracture et qui traduit sous une forme populaire ce que le groupe pratique depuis des années dans les clubs : la fraternité, le son joué, la présence physique.

Nous les avons rencontrés pour comprendre ce que signifie amener cette énergie à un stade symbolique comme celui d’Ariston, sans céder à la tentation de la domestication.

L’ENTREVUE

« Reste avec moi » : comment est-il né et que représente-t-il pour vous ?

Il est né de l’envie de faire un pas latéral par rapport à ce que nous avions toujours apporté. Nous voulions une chanson qui ait les cinq, une seule voix collective. Il s’agit de fraternité, de rester ensemble quand tout vacille. C’est un thème qui nous a toujours appartenu, mais ici il est devenu explicite, presque manifeste.
Tout est parti d’une démo, comme cela arrive souvent. Puis nous l’avons vu se transformer de semaine en semaine, adaptant chaque instrument au texte. C’était un processus organique.

D’un point de vue sonore c’est une ballade, mais elle reste profondément la vôtre. Quelle est l’importance de jouer pour vous ?

Beaucoup. Pour nous, le groupe est un organisme. Chaque instrument est réel, enregistré, expérimenté. De vraies batteries, basses, guitares. À une époque où tout peut être généré par logiciel, nous choisissons l’effort et le souffle du rock joué.
« Stay with me » a une intimité différente de nos chansons plus rageuses, mais depuis le premier album nous alternons fureur et romantisme. Ce sont deux faces d’une même identité. Et en live, même une ballade devient viscérale.

Pour ceux qui vous découvrent maintenant : quelles sont vos influences ?

Kaj : Je viens des années 80 alternatives. Diamanda Galas, Laurie Anderson, Nina Hagen. Des figures féminines capables de traverser les genres.

Xina : J’ai grandi au milieu du rock alternatif et de la soul, avec un amour pour les racines plus vintage, même celles des années cinquante.

Morgana Blue : Le premier disque que j’ai acheté était Use Your Illusion de Guns N’ Roses. Puis Jeff Buckley, Ben Harper. La dureté et la délicatesse doivent cohabiter.

Cleo : Je viens de l’extrême underground : deathcore, black metal. Là, j’ai appris le radicalisme.

Dani : Punk, garage, grunge, Riot grrrl. L’alternative comme langage nécessaire.

Vous avez réarrangé la pochette avec Cristina D’Avena dans un ton plus rock. Comment c’était de travailler avec elle ?

Nous avons gardé la dimension ludique, mais l’avons poussée vers une pop punk plus brute. Il y a une surprise sur scène, quelque chose qui va rendre le tout encore plus rock.

Avec elle, c’était naturel. Elle est une professionnelle impeccable et a accueilli notre énergie sans filtres.

Le Festival peut-il vous changer ?

Nous sommes nés sur la scène des clubs, et nous y reviendrons toujours. En avril, la tournée commence de Milan, à la Fabrique, puis de Rome vers l’Atlantique et d’autres villes.
Notre nouvel album sortira le 27 mars et c’est un album rock, sans compromis.

Sanremo est une expérience puissante, mais elle ne réécrira pas notre ADN.

La première fois sur l’Ariston : qu’avez-vous ressenti ?

Conscience. Représenter quelque chose. Pour certains d’entre nous, c’était aussi une rédemption familiale. Voir une femme jouer sur cette scène, il y a des années, a été un choc positif. Aujourd’hui, être là pour nous, c’est redonner cette image aux filles qui nous regardent.

Et si vous deviez citer une de « vos » chansons symboliques ?

« Nous sommes des femmes ». Parce qu’il tient tout ensemble : l’identité, la lutte, l’affection, la colère. C’est la ligne qui relie le passé à ce présent de Sanremo.

Que contient le nouvel album ? C’est quoi le fil rouge ?

Le fil conducteur est l’amour, mais exprimé de manière non conventionnelle. Amour pour vous-même, pour ceux qui vous entourent, pour ceux qui ne sont plus là, pour la personne que vous étiez et pour celle que vous deviendrez. Ce n’est pas un sentiment ringard, c’est une force identificatoire.

Le disque est très rock, joué, physique. Il y a aussi le thème de la diversité, qui traverse toute notre histoire. La famille rock a toujours été une communauté latérale et non standardisée. Nous récupérons cette posture.

Pensez-vous que le rock soit marginal sur la scène italienne aujourd’hui ?

Dans les années 70, le rock italien avait une force disruptive, capable de communiquer même avec l’étranger. Aujourd’hui, cela semble plus isolé, du moins dans les circuits grand public. Mais la passion n’a pas disparu, elle a ému.
Si nous pouvons être une étincelle pour raviver la curiosité des plus jeunes, alors notre déménagement à Sanremo aura du sens. Non pas comme une consécration, mais comme un déclencheur.

Avant vous parliez d’une envie personnelle liée à cette étape…

Oui. Pour certains d’entre nous, c’est aussi une rédemption familiale, générationnelle. Monter là-haut, c’est fermer un cercle et en ouvrir un autre. Pas seulement pour nous, mais pour ceux qui regarderont depuis chez eux et penseront : moi aussi, je peux le faire.

LA VISITE

15 avril 2026 | Milan @ Fabrique
21 avril 2026 | Bagno a Ripoli @ Viper Théâtre CDP Grassina événements
23 avril 2026 | Padoue @ Hall
28 avril 2026 | Venaria Reale @ Teatro della Concordia
06 mai 2026 | Bologne @ Estragon
07 mai 2026 | Rome @ Atlantique
09 mai 2026 | Naples @ Maison de la Musique – Federico Ier

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