Winged Wheel : Critique de l’album Desert So Green

Winged Wheel était déjà un supergroupe lorsque les membres de no wavers Spray Paint, les revivalistes du garage rock Tyvek, l’expérimentateur ambiant Matchess et le guitariste primitif Matthew J. Rolin se sont associés à distance pour créer le post-punk trouble des années 2022. Pas d’île. Pour son suivi 2024, Grand Hôtelils ont amené Steve Shelly de Sonic Youth et Lonnie Slack de Water Damages dans le giron. Ces inclusions marquent une réorientation du groupe, allant au-delà de la brume de leurs débuts pour créer quelque chose de plus grand, de plus brillant et de plus fort. Leur psychédélisme noise-rock donnait l’impression d’écouter une jam session décontractée entre amis qui jouaient ensemble depuis 20 ans.

En gardant la programmation stable pour leur troisième album, Winged Wheel s’est verrouillé dans sa nouvelle cohésion tout en s’aventurant dans de nouveaux territoires. Si Grand Hôtel c’était comme si le groupe se concentrait sur ses prouesses et son énergie, Désert si vert explore les limites de leur son, voyant dans quels nouveaux styles ils peuvent plonger, déconstruire et reconstruire. Le résultat est à la fois l’album le plus expérimental et le plus cohérent du groupe à ce jour, une masse de krautrock cosmique, de synthés ambiants mornes et d’étranges touches avant-gardistes qui garantissent que toute structure ou forme de chanson conventionnelle ne pourra jamais prendre racine.

Considérez la version désertique de Neu ! c’est « Canvas 11″, le morceau d’ouverture de l’album. Des lignes de synthé bourdonnantes, des lignes de basse lourdes et des riffs de guitare plongeants et ensoleillés viennent s’ajouter aux coups de caisse claire réguliers de Shelly au fur et à mesure que la chanson se construit progressivement. Mais au lieu de le laisser s’épanouir jusqu’à une sorte d’apogée, le groupe permet à l’énergie de monter et de descendre naturellement, sans craindre de laisser leur musique se transformer en tourbillons naturels de décadence et d’écho. Le groupe aime être amorphe, se réjouissant du voyage qu’une chanson peut entreprendre plutôt que de sa destination. « More Frog Poems » et « Beautiful Holy Jewel Home » sont les plus beaux morceaux, des masses lourdes de fuzz de guitare, de batterie au ralenti et des voix fantomatiques enfouies qui sonnent comme des chants cultes échantillonnés dans une émission de radio d’un autre monde.

Même lorsque le groupe explore de nouveaux terrains comme le post-punk métallique et hésitant de « Speed ​​Table » ou le psych-pop dub de « I See Poseurs Every Day », ils sont toujours empreints d’un sentiment de désorientation. Sur Désert si vertWinged Wheel est un groupe de musiciens vétérans qui ne sont pas intéressés à se montrer mais à explorer les nouveaux sons qu’ils peuvent découvrir collectivement. L’écoute peut donner l’impression de trébucher dans un paysage à la fois brutal et époustouflant, comprenant des drones raga et des cris de violon hantés ainsi que du stoner rock magnifiquement woozy et des chants d’oiseaux idylliques, le tout se heurtant à des formes inattendues. Au lieu d’attirer l’attention sur leurs expérimentations, Winged Wheel rend ces chemins sonores complètement naturels, nous faisant confiance pour les suivre même s’ils ne savent pas où ils vont.