Kiwi Jr. : Critique de l’album Blowin’ Up

Le quatrième album de Kiwi Jr., Exploser, dégage un espoir frénétique, au bas du neuvième. Après avoir sorti trois albums en quatre ans, dont deux sur Sub Pop, Exploser suit le plus long écart du groupe entre les records ; vous avez l’impression qu’ils font en sorte que celui-ci compte.

Comme sur ces disques précédents, les chansons sur Exploser sont remplis de coups de guitare, et le chanteur et guitariste Jeremy Gaudet met autant de mots que possible dans chaque respiration. Mais ici, le quatuor canadien devient enfin plus explosif : « Tous les signes indiquent que très bientôt, bébé/Nous sommes sur le point d’exploser », chante Gaudet sur la chanson titre, capturant les thèmes simultanés de frustration et d’ambition de l’album.

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Kiwi Jr. a toujours été du côté le plus tapageur de la jangle pop – moins jolie et plus Pavement – ​​mais sur Exploserleur son est plus percussif et propulsif que jamais. Même les moments les plus marquants de l’album ont un avantage. La chanson titre tourne autour d’une mélodie de clavier mièvre – le genre de chose qu’un organiste de stade pourrait créer avant de se lancer dans « Take Me Out to the Ballgame » – jusqu’à ce qu’elle tombe dans une mi-temps palpitante et explosée. Sur « Stage Names », des guitares semblables à des sirènes glissent de haut en bas, lançant un avertissement de police sur les représentations de Gaudet d’un house show. « Hard Drive, Ontario » commence par cinq secondes de pur feedback hurlant. Il y a une vraie exaspération dans la façon dont le groupe joue Exploser cela ajoute une dimension granuleuse à leur guitar-pop typiquement amicale.

Une partie de ce son nouvellement musclé est le résultat du travail avec de nouveaux collaborateurs. 2022 Hachoir souffrait d’une production chargée de synthés, souvent pâteuse, qui adoucissait les paroles espiègles et sarcastiques de Gaudet. Pour ExploserKiwi a enregistré à Détroit avec Graham Walsh de Holy Fuck, et l’album présente une liste de piliers du rock indie du Michigan comme Fred Thomas et Joe Casey et Greg Ahee de Protomartyr. Kerri Maclellan, des poids lourds en titre de la jangle-pop Alvvays, joue des claviers sur deux morceaux. (Bien que ce ne soit pas la première association entre les deux groupes – le guitariste de Kiwi Jr., Brian Murphy, a joué dans Alvvays jusqu’en 2021.) Sur les disques d’Alvvays, les touches de Maclellan ajoutent une ombre spectrale à la production, mais sa touche ici est plus subtile : un drone silencieux qui éclaire à peine les « Photos de la reconstitution ». Sur « World Like Polly », Margaux Bouchaudon, du groupe pop français En Attendant Ana, atténue le ton ricanant de la chanson avec des harmonies chantantes dans le refrain.

En tant que parolier, Gaudet relie les petites déceptions de la vie à travers des références sportives, des anecdotes sur les bars merdiques et d’autres éphémères culturels, comme un Canadien MJ Lenderman qui est (à juste titre) vraiment intéressé par le hockey plutôt que par le basket-ball. À la manière des Canucks, il fait rimer « Érables » avec « Retraités de Red Wing » et critique le « deuxième pire bar du sud de l’Ontario ». Mais sur Exploseril a l’air si amer qu’il menace de perdre l’affabilité de ses références d’homme de tous les jours. (Une autre interprétation du titre de l’album : atteindre la fin de sa crise mentale.) Ses études de personnages se sont détériorées – là où ses protagonistes étaient autrefois courageux et turbulents, ils font désormais preuve d’une bêtise naïve, comme le personnage principal de « World Like Polly ». Sur « Hard Drive, Ontario », Gaudet crache la phrase : « Avez-vous perdu votre parlay sur le choix 6 du quatrième quart ? avec un mépris total.