Giorgio Poi (c) Carola Cappellari (2026)
Sans couleurs est le nouveau single de GIORGIO POI, né pour le théâtre et écrit pour La Cosmicomica vita di Q, le spectacle mis en scène et interprété par Luca Marinelli, librement inspiré du Cosmicomiche d’Italo Calvino.
La chanson, jusqu’ici interprétée exclusivement dans le spectacle par la protagoniste Alissa Jung, est publiée pour la première fois dans la version chantée par Giorgio Poi. Une chanson donc conçue pour un contexte scénique qui, avec son arrivée sur les estrades, change de nature et tente de se tenir indépendamment en dehors de la représentation.
« Senza Colori » tire son titre d’une des histoires de Calvino et réélabore l’histoire à travers le regard de la protagoniste féminine. Au centre se trouve un monde encore primordial, dépourvu de couleurs, contrastant avec la fascination pour la lumière et son apparition soudaine. La distance entre les deux personnages devient ainsi une distance plus profonde, celle entre deux perceptions de la réalité qui ne peuvent coïncider.
C’est une chanson entre deux feux, née à mi-chemin entre son origine et sa destination », dit Giorgio Poi. « Aujourd’hui, elle prétend être une entité en soi, mais c’est un mensonge à ne pas croire. »
Le texte préserve cette ambiguïté, transformant la relation entre les deux protagonistes en une réflexion sur l’impossibilité d’habiter pleinement le monde de l’autre :
Le monde que je connais est incolore / le vôtre n’est pas ma place, je ne sais pas comment y être. »
Un motif théâtral qui, dans la version discographique, maintient le lien avec l’œuvre de Calvino sans renoncer à sa propre dimension musicale.
LE TEXTE
Nous avons passé les nuits
Embrassez les pierres
Mais avec mes yeux dans tes yeux
Tu as commencé à courir après lui
Le long des plaines sombres et sur les crêtes
A l’intérieur de déserts gris et toujours identiques
Pour moi si parfait mais pour toi banal
Pourquoi tu ne me comprends pas ? Pourquoi n’essayes-tu pas ?
Le monde que je connais est incolore
Chez toi n’est pas chez moi, je ne sais pas comment y être.
Cache mes yeux au fond des cratères
Pour tout effacer et ne pas être retrouvé
Pour tout effacer et ne pas être retrouvé
Dans cette mer de lumière
Il y a ceux qui ne savent pas nager.
Mais si je m’enfuis et que tu viens me chercher
Quoi qu’il en soit
Tremblements de terre et glissements de terrain
Quoi qu’il en soit :
De hauts murs entre nous et des cieux de porphyre et de basalte
De pierre ponce et de quartz
Le monde que je connais est incolore
La tienne n’est pas ma place, je ne m’intègre pas
Je cacherai mes yeux au fond des cratères
Pour tout effacer et ne pas être retrouvé
Pour tout effacer et ne pas être retrouvé
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@sonogiorgiopoi