« Baita » est le titre du nouvel album d’Albe. Un disque qui raconte ce qui reste : les amitiés qui vous sauvent, les amours imparfaites mais authentiques, les racines qui vous tirent de la confusion, les rues de province où vous apprenez qui vous êtes vraiment.
Il s’agit d’un voyage dans la vie quotidienne et dans la mémoire, dans lequel chaque chanson explore une facette différente de cette « famille non traditionnelle » qui a toujours accompagné Albe.
Sur le plan sonore, Baita est une œuvre compacte et reconnaissable. Les productions de Francesco Savini et Alessandro Gemelli combinent des influences pop contemporaine, indie italienne et brit-pop et folk, privilégiant exclusivement de vrais instruments et créant une esthétique vivante, organique, presque « live ».
Au cœur de « Baita », s’ouvre une conversation qui semble réellement se dérouler autour d’une table dressée. L’auteur-compositeur-interprète nous accueille dans sa « maison », entendue non pas comme un lieu physique mais comme un périmètre symbolique de son monde intérieur : famille, amitiés, province, amours, quotidien.
L’ENTREVUE
Alors Albe : sommes-nous là ? Êtes-vous prêt pour la sortie de Baita ?
Oui, très prêt. Et, pour que ce soit encore plus cohérent, oui : je suis effectivement dans la cabine au moment où nous parlons. Ou plutôt, dans ce que nous appelons à Brescia « baita », c’est-à-dire simplement chez nous. Ici à Milan, j’ai recréé ce climat : un espace qui me ressemble.
Commençons par là : l’essence de cet album. Quelle est votre « cabane » ?
Ce sont les seules choses qui me représentaient vraiment à ce moment-là : ma maison à Brescia, ma famille, mes amis les plus proches, ma petite amie. Des éléments en apparence simples, presque ordinaires, mais qui constituaient ma géographie émotionnelle. J’ai voulu les enfermer dans une seule image, une sorte de maison totémique, comme on l’appelle.
Une sorte d’atlas émotionnel ?
Oui, exactement. Cette définition correspond très bien. C’est mon monde dans sa vraie vie quotidienne. Et à l’intérieur il y a aussi beaucoup de province, cette dimension intime qui vous reste. Dans la dernière chanson, il y a même mes amis qui sont désaccordés et hors du temps : on ne peut pas faire plus provincial que ça.
Par rapport à vos débuts, il y a cependant ici une nette maturation. Comment en êtes-vous arrivé là ?
Grandir. Simplement ceci. À un moment donné, j’ai compris que continuer à courir après les chiffres, les vues, tout ce bruit n’apportait rien au fond. Je voulais développer ma musique comme je grandissais. Il ne s’agissait pas d’un retournement de situation soudain : c’était une évolution naturelle, peut-être même tardive, mais inévitable. J’ai donné la priorité aux chants, à la chair vivante, à la vérité.
Dans l’introduction, vous parlez de l’album comme d’un « déjeuner du dimanche ». Jouons à un jeu : attribuons une place à la table aux pistes. Qui est assis en bout de table ?
Nous sommes euxsans aucun doute. C’est la plus salissante, celle qui renverse les verres à table. Sur ses côtés je place Je te l’avais bien dit et Baita: les trois plus forts ensemble.
Puis, à mesure que l’on descend vers le bas du tableau, arrivent les plus silencieux : Rosario, je ne suis plus avec toi Et À la fin, c’est moi. Ce sont eux qui parlent à voix basse, qui observent la scène sans trop se faire remarquer.
Parlons de la couverture. Comment est-il né ?
Presque par hasard. Nous avons dû tourner du contenu dans une villa près de ma ville, chez un ami. À un moment donné, nous avons vraiment commencé un déjeuner dominical : pas de poses, juste la vie et le photographe qui a capturé ces moments.
Parmi les clichés, celui que vous voyez était tout simplement le plus vrai : il représentait parfaitement le disque.
Cela semble étudié, mais au lieu de cela, nous étions plongés dans le déjeuner. Et – je l’avoue – moi aussi, je m’en suis bien sorti, donc c’est mieux ainsi.
Pour présenter Baita vous avez choisi des concerts maison. Que représentent-ils ?
Ils sont l’essence du disque : une musique qui naît à la maison et qui revient à la maison. Nous faisons Milan, Bologne, Rome et Naples, dans de vraies maisons d’amis. Toute personne ayant acheté le vinyle peut participer. Tout est débranché : guitare, voix, bavardages, canapés. Intimité totale, pas de groupe, pas de véritable scène. C’est une écoute partagée, presque une rencontre.
On termine avec un Sanremo à part : avez-vous vu les noms dans la course ?
Oui! Mes préférés sont Tommaso Paradiso et Fulminacci, peut-être encore plus Fulminacci. Je les suis et je les respecte.
LE RECORD PISTE PAR PISTE
CABINE
« Baita » est la chanson titre. Le titre, qui signifie « maison » en dialecte de Brescia, contient l’essence d’un projet profondément autobiographique : un disque qui raconte les amours, les amitiés, les racines et le monde intérieur de l’artiste avec sincérité et authenticité. Le morceau incarne pleinement ces éléments, les entrelaçant avec un son indie-folk au rythme énergique. C’est une chanson qui non seulement introduit l’auditeur à ce voyage, mais qui plus que toute autre révèle le concept et le fil conducteur de tout l’album.
Bipeur
La pièce tourne autour du thème des liens authentiques : ceux qui subsistent, même lorsque tout le reste change. Un retour à ce qui compte vraiment : les gens et les lieux où l’on se sent soi-même, sans filtres. Construit comme une ballade pop/rock à saveur internationale, « Cercapersone » mêle mélancolie et élan émotionnel, avec un refrain choral conçu pour être chanté, partagé, vécu.
JE VOUS L’AI DIT
La chanson fusionne les sonorités du rock britannique et du pop punk, donnant vie à une histoire introspective dans laquelle l’artiste se confronte, brisant l’ego et montrant une nouvelle prise de conscience.
La chanson retrace les dernières années de l’amour d’Albe : une lutte continue entre désirs et immaturité, un aveu sincère de ses défauts qui, malgré tout, mène toujours au même dénouement heureux. « Je te l’avais bien dit » est un hymne à ces liens qui, pour le meilleur ou pour le pire, résistent au temps et aux difficultés, même lorsqu’il est difficile de l’admettre.
COMME TOUT LE MONDE
« Come fa tutti » d’Albe est une chanson d’exutoire, écrite avec l’urgence de se libérer des pensées intrusives. La chanson est dédiée à ceux qui ne suivent pas les modes, à ceux qui ne fuient pas leurs propres faiblesses, mais surtout à ceux qui croient en une renaissance collective sans entrer dans un troupeau. Le choix d’un son plus rock et alternatif par rapport aux œuvres précédentes est né lors d’une journée milanaise grise classique, parfaitement proportionnelle à l’âme du morceau : nostalgie et frustration mêlées d’espoir et de désir d’être entendu.
CHAPELET
Avec « Rosario », Albe parle de l’importance des petits gestes et de la valeur de la simplicité à travers la figure du vendeur de roses. Un souvenir qui le ramène aux apéritifs entre amis dans la ville de province, où cette présence, au fil des années, est devenue un élément de l’entreprise, capable de réchauffer le cœur et de faire en sorte que les gens se sentent chez eux. « Rosario » est une chanson d’auteur entièrement interprétée, avec un refrain romantique à chanter à pleins poumons lors d’un concert.
JE NE RETOURNERAI PLUS JAMAIS AVEC VOUS
La chanson marque une évolution vers des sonorités plus intimistes et réfléchies, avec des références à l’univers indie rock. La chanson aborde le thème du manque avec un regard clair et conscient : c’est l’histoire d’une séparation qui devient l’occasion de se redécouvrir, d’apprendre à se sentir bien seul sans constamment dépendre de l’autre.
«Je ne reviendrai jamais avec toi», c’est la conscience d’avoir surmonté dignement une rupture, en transformant la douleur en croissance personnelle.
À LA FIN, C’EST MOI
La chanson, au son acoustique et intimiste, représente une page profondément autobiographique et introspective du voyage d’Albe. Écrite d’un seul coup comme un courant de conscience destiné à l’Albe d’il y a vingt ans, la pièce raconte la vie actuelle, ses réflexions sur ce qui a changé et ce qui est resté le même, entremêlant mémoire, identité et vision du futur. La chanson parle à tous ceux qui ont déjà été confrontés à leurs rêves, aux chutes et à la recherche d’un sens authentique.
Albe dit : « C’est un dialogue avec le passé, mais aussi un rappel pour l’avenir : au final, avec mes erreurs et mes victoires, je reste ».
NOUS SOMMES EUX
« Nous sommes ceux » est le morceau qui clôt l’album et célèbre le lien profond entre l’artiste et son groupe d’amis les plus proches, une vraie famille : l’endroit sûr où revenir. Énergique et chorale, la pièce fusionne le folk indie anglais avec l’écriture de chansons italiennes. Un élément distinctif est sa capacité à rendre l’écoute de l’album cyclique, ramenant l’auditeur aux mêmes sons avec lesquels le voyage a commencé.
EN DIRECT
Pour célébrer la sortie de BAITA, Albe a choisi de ramener sa musique chez lui au sens le plus littéral du terme : 4 concerts house dans 4 villes italiennes, des expériences exclusives et des collections dédiées aux fans qui précommanderont le vinyle de l’album. Une rencontre intime et directe, où le concept de la Baita – comme refuge, lieu d’affection et de partage – trouve sa forme la plus concrète.
Les dates :
4 décembre – Milan
5 décembre – Bologne
6 décembre – Rome
7 décembre – Naples
WEB ET SOCIAUX
@albelama