cendres-©-Aria-Ruffini-2025
Un an après la sortie de « Forma Liquida », Ceneri revient avec « come nettles in cement », un EP qui sent l’introspection et l’expérimentation, où la voix et les images deviennent matière vivante, tissant un dialogue entre son, mémoire et espace urbain.
La jeune auteure-compositrice-interprète frioulane (née en 2000) explore ses racines avec un regard curieux, observant à la fois son expérience et ce qui l’entoure, et elle le fait avec une musicalité qui oscille entre électronique organique et atmosphères acoustiques, tantôt raréfiées, tantôt intenses et enveloppantes.
Nous l’avons rencontrée. Voici le récit du voyage « comme des orties dans le béton ».
L’ENTREVUE
Votre EP est sorti il y a quelques jours. Quels retours recevez-vous ?
Pour l’instant je suis très content : les retours sont positifs. Mais je ne recherche pas l’immédiateté, je préfère que les choses s’installent, que l’écoute mûrisse avec le temps.
Je ne suis pas pressé : ce qui m’intéresse, c’est que l’album retrouve son rythme naturel.
« Comme des orties dans le béton » ressemble à un journal émotionnel. Quelle part est autobiographique et quelle part vient de ce que vous observez chez les autres ?
Je dirais les deux. Je suis introverti, réfléchi, je pars donc souvent de ce qui me touche personnellement. Mais j’apprends aussi à laisser passer à travers moi les histoires, les conversations, les impressions, les histoires aléatoires des autres. Il y a toujours quelque chose à apprendre et cela m’aide à mieux comprendre mon environnement.
Y a-t-il eu un moment précis qui a déclenché l’urgence du dossier ?
Je ne dirais pas un big bang. C’était plutôt un processus continu : après « Forma Liquida », j’ai continué à écrire, et je continue encore à écrire. Au fil du temps je m’aperçois que certains thèmes reviennent, insistent, demandent de l’espace. Lorsqu’un noyau émotionnel revient si souvent, je comprends que c’est la matière à parcourir.
Quelles étaient vos références musicales pour cette œuvre ?
J’ai entendu des choses très différentes. Certainement Radiohead : cette façon de fusionner l’électronique et la matérialité acoustique m’a toujours fasciné. Et puis Caroline Polachek, que j’adore pour son parcours lyrique et ses lignes vocales très élastiques. Cela m’a beaucoup inspiré pour utiliser ma voix d’une manière différente et plus libre.
Votre musique a une composante visuelle très forte. Quelle est l’importance de l’image pour vous ?
Beaucoup. Je viens d’études en graphisme, donc l’aspect visuel est dans mon ADN. Je ne conçois pas les disciplines comme des compartiments étanches : j’aime combiner différents langages, me laisser inspirer par des photographies, des vidéos, des ambiances. J’écris souvent à partir d’images mentales.
La couverture est très évocatrice : chrysanthèmes, terre, béton. Comment est-il né ?
D’après une réflexion sur le titre : « comme des orties dans le béton ». Je voulais représenter la tension entre la nature et l’artifice. J’adore les chrysanthèmes, même s’ils ont une réputation un peu triste : je les trouve beaux et j’ai eu envie de les réhabiliter visuellement. Avec un très bon photographe, Aria Ruffininous avons essayé de combiner ces deux mondes – organique et urbain – en une seule image.
Nous sommes fin 2025, la période Wrapped de Spotify. Comment était le vôtre ?
Embarrassant! Cela m’a donné un âge d’écoute de 45 ans (rires). En réalité, mon Spotify a été complètement monopolisé par Elliott Smith : meilleur artiste, meilleur album, meilleure chanson… tout à lui. Je l’écoute de manière presque obsessionnelle, et cela m’inspire beaucoup dans mon écriture post-EP.
Vous vivez à Milan depuis un moment ?
Depuis février. Je suis encore en train de m’installer, mais la ville me stimule beaucoup.
Avez-vous déjà des lives à venir en tête ?
Oui, nous définissons comment évoluer après la sortie de l’album. Pour l’instant je peux vous dire que nous ferons un petit live acoustique à Milan le 18 décembre, avec la rédaction de Scomodo. J’aime beaucoup leur approche éditoriale, c’est donc un rendez-vous qui me tient beaucoup à cœur.
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À PROPOS
Irène Ciol alias Ceneri, est une auteure-compositrice-interprète frioulane née en 2000. Née dans la province de Pordenone, dans un petit village de 8000 âmes au milieu des champs, elle a grandi en respirant l’art et le bon air. Une envie incessante d’expérimenter et de créer l’amène très jeune à s’attaquer à la peinture puis à la photographie, passion qu’elle a héritée de son grand-père et de son père. En 2016, grâce à un cours d’écriture de chansons, elle aborde la musique, un univers qui lui permet de trouver un moyen de raconter son histoire, de s’exprimer et de se comprendre. Depuis, il ne l’a plus jamais abandonné. En 2022, son premier EP « Nello spazio che resta » produit par B-CROMA est sorti pour peermusic ITALIE, présenté au MI AMI 2022 et suivi d’une tournée estivale dans les principales villes italiennes organisée par des concerts BPM. Près d’un an après la sortie de l’EP, immédiatement entré dans les grandes playlists éditoriales de référence (Indie Italia, New Music Friday, Equal Italia) et précédé des singles « Lucchetti » et « Appartamento », sort en 2023 l’EP « Nelle testi degli altri », la deuxième partie qui définit et complète l’histoire commencée avec « Nello spazio che resta » puis le single « Porta ». En 2024, il commence son parcours avec Double Trouble Club, un label et agence de gestion fondé par Jacopo Pesce et Max Brigante, en collaboration avec Island Records/Universal Music Italy. Les chansons publiées pour le label sont : « Ultima Festa », « Ritornerò », suivies de « Periferia » et « Senza Stelle » et « Ghiaccio » feat Chiello, le dernier single qui anticipe la sortie du premier album « Forma Liquida ». Après la sortie, en mai 2025, du single « due lune », ceneri est le protagoniste d’une série de concerts en guise d’ouverture officielle de la tournée des clubs de Chiello et se retrouve ensuite sur la scène de Mi Ami 2025. S’ensuit la publication de la chanson « presque soudainement » tandis qu’en septembre le nouveau single « mood swings » sort à nouveau pour Double Trouble Club/Island Records (Universal Music Italia). Au cours de la même période, Irène a participé à un camp international d’écriture, la seule artiste italienne – sur 12 participants au total – choisie parmi plus de 400 candidatures de toute l’Europe. Le 14 novembre sortira le nouveau single « ragnatela » qui anticipe l’EP « come nettles in cement » qui sortira à nouveau le 28 novembre pour Double Trouble Club/Island Records (Universal Music Italia).
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@soloceneri
