THE PSYCADEL FURS en concert à Milan entre poésie, théâtre et inquiétude (Scaletta et Info)

Le rendez-vous avec The Psychedelic Furs a été configuré, pour ceux qui comme moi ont vécu directement la Nouvelle Vague, comme un impératif existentiel.

Pas une simple opération nostalgique, pas une réunion de personnes âgées avec des téléphones portables à étui pliable à la recherche d’une adolescence perdue, mais la nécessité de rendre hommage à une scène sonore qui dans les années 1980 échappait aux étiquettes, se concentrant sur le pathos, la théâtralité et les émotions.

Richard Butler, le maître de cérémonie des fourrures, qu’on n’avait pas vu en Italie depuis plus de trente ans, voire plus, reste l’un des protagonistes de ces années-là. Sa voix gazouillante n’est pas une simple vocalité. Malgré le registre il reste profond, dense, d’une démarche rude et indolente, empreint d’une insolence calibrée qui le projette bien au-delà des frontières de la vague. Avec un magnétisme effronté et une élégance sardonique, Butler incarne le dandy du démêlage que leur musique a toujours glorifié.

Le concert à la Fabrique est un rituel avant même un spectacle. 21h33 : Paradis c’est parfait pour ouvrir le rideau, ce n’est pas seulement une chanson, mais un portail vers une autre époque.

Immédiatement l’attrait théâtral, les archets, le cachet sonore, le croisement entre chart pop et post punk glam raisonné. La scène devient une synecdoque d’une époque où la mélancolie était à la fois une forme de protestation et une forme d’espoir salvateur.

La texture rythmique, manipulée avec une rigueur ascétique par le frère Tim à la basse, reste l’épine dorsale du son Fursiano. Un réseau vibrant et chirurgical qui maintient l’onde suspendue entre implosion et hypnose, malgré un dynamisme et une énergie vocale quelque peu diminués.

La setlist anthologique se déroule en une heure et demie, un temps suffisant et satisfait aussi bien le néophyte intrigué (rare) et le hype boy en quête d’expérimentations sonores (très rare) que le fan dévoué (c’est-à-dire moi.-).

Un voyage depuis les hymnes canoniques : la mélancolie romantique du sublime J’aime ma façonla syncope cinématographique de Jolie en roseles textures évocatrices de Le fantôme en toile battement de coeur névrotique de Battement de chagrin – aux morceaux les moins fréquentés, jusqu’à l’Inde finale, le concert devient un vortex sensoriel. Les Furs confirment leur capacité rare : fusionner romance trouble et tension post-punk en une puissante unité émotionnelle.

Au final, il reste un goût amer qui n’est pas une déception, mais une satisfaction. Les Furs sont musique et passion, et ce soir ils ont réaffirmé leur rôle de chanteurs d’une inquiétude sublime, même si les années 80 ne sont plus qu’un souvenir lointain mais très clair et présent.

L’ÉCHELLE

Paradis
Président Gaz
Mauvais train
Le fantôme en toi
Le garçon qui a inventé le rock & roll
M. Jones
Mon temps
Personne
J’aime ma façon
Dans ma tête
Courir et courir
Jusqu’à ce qu’elle vienne
Jolie en rose
Battement de chagrin

Bis:
Ça continue
Inde

WEB ET SOCIAUX

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